Lettre ouverte à Monsieur l’abbé Patrick Groche

C’est avec regret que nous nous voyons obligés de publier la lettre suivante « pour que la vérité et la justice ne soient pas trop bafouées. »

Canada Fidèle

 

 

Lakeville, 24 octobre 2018

 

Monsieur l’abbé,

Avec les cheveux blancs viendrait la sagesse, dit le proverbe. Ces derniers temps, il semble cependant que vous vous efforciez de faire mentir l’adage populaire. À en croire ce qui me parvient aux oreilles, vos façons de faire ne seraient pas aussi sages que vos cheveux sont blancs.

Fr_GrocheEn effet, le dimanche 9 septembre dernier, à la chapelle de Montréal de la FSSPX, n’auriez-vous pas perdu votre sang froid, lorsque vous avez exposé, en chaire, la situation d’un jeune homme, baptisé par mes soins, qui vous demandait d’être admis à la Confirmation?

Qu’est-ce qui pouvait bien légitimer la liberté avec laquelle vous vous êtes autorisé à faire connaître publiquement des entretiens privés que vous avez eus avec ce jeune homme? Plus encore, qu’est-ce qui pouvait bien légitimer des accusations portées à l’encontre de personnes absentes et surtout de constituer les fidèles juges de l’âme de leur prochain?

Cette attitude, d’autant plus indigne que vous êtes un prêtre aux cheveux blancs, me contraint, vous le comprendrez, à apporter quelques précisions pour que la vérité et la justice ne soit pas trop bafouées.

Au prix de grandes difficultés, un jeune homme trouve la lumière

Le 13 février dernier, j’administrais un baptême conditionnel à C. V., un jeune homme de 20 ans, de Montréal, qui se convertissait à la vraie foi, après un passage chez les protestants (où il avait reçu un baptême douteux).

Ce jeune homme est le seul membre de sa famille à s’être converti. Il habite chez ses parents qui ne se sont pas convertis, entouré de ses frères et sœurs qui ne se sont pas convertis. C’est dire les obstacles importants qu’il a dû surmonter pour recevoir la grâce malgré son jeune âge. Comme beaucoup de convertis d’aujourd’hui, c’est par le moyen d’internet qu’il a découvert l’existence de la Tradition. Le site Canada Fidèle lui a permis de me contacter. Il m’a demandé comment rejoindre la Tradition. C’est ainsi que j’ai pu lui proposer mon soutien.

Après lui avoir fait suivre un cours de catéchisme complet et avoir répondu aux nombreuses questions qu’il avait, je lui donnais un baptême conditionnel dans le rite catholique, comme c’était la coutume en Amérique du Nord avant le Concile Vatican II pour quiconque avait reçu le baptême dans une secte protestante, après l’abjuration, comme il se doit, des erreurs du protestantisme.

 

Mieux connaître les différents groupes de la Tradition

Quelques temps plus tard, ce jeune homme me dit : « Monsieur l’abbé, je me suis approché de vous par l’intermédiaire de votre site internet et je vous remercie de toute l’aide que vous m’avez apportée, mais j’aimerais bien faire la connaissance des autres groupes de la Tradition et entendre de leur propre bouche ce qu’ils ont à dire. Il est possible que je préfère me joindre à l’un ou l’autre d’entre eux. » Ce à quoi je répondis : « Bien! Je comprends que tu désires connaître les différents groupes. Va et vois par toi-même ce qu’il en est. »

Précisons que, sur ma recommandation, ce jeune homme fréquentait déjà à l’occasion la chapelle de la rue Dante (Fsspx).

Sa première expérience déterminante fut chez la Fraternité Saint-Pierre. Il se mit à aller à la messe à l’église Saint-Irénée à Montréal. Après quelques temps, le prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, lui mentionna qu’il devrait probablement faire une abjuration parce qu’il avait fréquenté la chapelle de la Fraternité Saint-Pie X. Le prêtre de l’institut Ecclesia Dei n’était cependant pas catégorique. Il hésitait un peu en raison du rapprochement actuel de la Fraternité Saint-Pie-X avec Rome…

Mais lorsque mon nom fut mentionné, alors le prêtre de la Fraternité Saint-Pierre n’eut plus aucun doute : Une abjuration était nécessaire, comme si notre jeune homme avait appartenu à une société non-catholique… C’est dire la confusion alarmante qui règne dans l’esprit de ce membre d’un institut Ecclesia Dei… Il est difficile en effet de mesurer l’aveuglement dans lequel tombent les gens qui se soumettent sciemment à la secte conciliaire… Cette expérience ne fut pas inutile cependant pour notre jeune homme et il ne fit pas de vieux os à Saint-Irénée!

C’est alors qu’il rejoignit la chapelle Saint-Joseph de la rue Dante (Fsspx) à partir du mois de mars jusqu’au mois de septembre et ceci de façon assidue, assistant à la messe tous les dimanches où j’étais absent, et régulièrement aussi le vendredi et le samedi, se confessant, communiant et se comportant comme tant d’autres convertis que j’ai pu connaître lors de mes deux ans à Saint-Joseph.

 

Rencontre avec un prêtre sectaire

Ce qui devait arriver arriva. Ayant demandé que ceux qui désiraient recevoir le sacrement de Confirmation lors du passage de Mgr De Galaretta au mois de septembre viennent vous voir, vous avez reçu, Monsieur l’abbé, la visite de ce jeune homme qui fréquentait la chapelle depuis six mois et qui désirait recevoir le sacrement de Confirmation.

« – Depuis quand venez-vous à la chapelle?

– Le mois de mars.

Bien! Etes-vous baptisé?

– Oui, bien sûr!

Qui vous a baptisé?

– Monsieur l’abbé Roy.

Comment l’abbé Roy!?! (Passons ici sur les médisances que vous vous permîtes à mon égard devant ce jeune homme, ce n’est pas le sujet de cette lettre.) L’abbé Roy fait n’importe quoi, vous ne pouvez pas aller à ses messes! »

Le jeune homme vous manifesta son étonnement devant de tels propos. « Je ne veux personnellement faire partie d’aucun groupe. Je suis catholique, c’est tout. Je vous demande la confirmation, rien de plus. »

C’est alors que vous lui auriez fait la réponse suivante, qui est stupéfiante : « Nous au moins nous sommes reconnus par Rome et pas l’abbé Roy. »

Monsieur l’abbé, avez-vous perdu l’esprit? La perspective d’une reconnaissance tant désirée vous donne-t-elle le vertige? N’avez-vous pas passé la plus grande partie de votre vie à exercer un ministère sans avoir la juridiction romaine? Pourquoi maintenant jouer à la vierge effarouchée et brandir votre méprisable « reconnaissance romaine » qui vous a fait perdre tout honneur? Faut-il vous rappeler que vous étiez l’un des signataires de la Lettre ouverte au Cardinal Gantin en 1988, qui affirmait : « Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste » ? Votre attitude actuelle inspire donc le dégoût. Vous n’êtes ni un homme d’honneur, ni un homme de parole.

Vous lui déclariez ensuite qu’il ne pourrait être confirmé qu’au terme de trois ans de préparation. Monsieur l’abbé, vous faites ce que vous voulez, cela n’engage que vous… Mais ne dites pas que c’est là la coutume du district du Canada. Ayant exercé le ministère sacerdotal à la Maison du District du Canada de la Fsspx cinq ans avant votre arrivée, je pourrais vous donner une liste de personnes ayant été baptisées en moins de trois mois et ayant reçu la confirmation l’année même de leur conversion.

Toutes vos manigances ne sont que des procédés méchants par lesquels vous montrez que vous avez peu d’amour pour les âmes et que ce qui vous importe, c’est de dominer avec orgueil sur le troupeau du Seigneur.

Quelques fidèles furent par ailleurs témoins du fait que, pour certains autres confirmands qui étaient nouveaux à la chapelle de la rue Dante, ce ne fut qu’après que le sacrement de la confirmation leur eut été donné que vous vous êtes informé de leur baptême et de leur préparation au sacrement… Passons!

Après quelques échanges supplémentaires qui vous apprenaient que la Fraternité Saint-Pierre lui avait proposé la confirmation immédiatement après son arrivée à Saint-Irénée, vous avez demandé au jeune homme de « revenir vous voir dimanche ». Ce qu’il fit… pour s’entendre dire qu’après avoir consulté l’abbé Couture, vous n’étiez pas en mesure de l’admettre à la confirmation. Le jeune homme insista pour connaître votre motivation. Vous exigiez sa « soumission » !?

 

Se soumettre à la Fraternité?

Pourriez-vous préciser, Monsieur l’abbé, quand l’Eglise a-t-elle fait de la « soumission à la Fraternité » une condition pour recevoir les sacrements? Les sacrements sont-ils donc devenus pour vous des instruments de pouvoir qui vous permettent de persécuter un jeune homme qui s’est converti au coût de maintes difficultés et après un chemin laborieux? Êtes-vous donc là pour paître les brebis du Seigneur ou pour vous paître vous-même?

Qu’aviez-vous à répondre à ce jeune homme lorsqu’il vous disait : « Je ne veux ni faire partie de la Fraternité, ni faire partie d’un quelconque groupe de l’abbé Roy. Je suis catholique, c’est tout. Je vous demande la confirmation, rien de plus. »

 

L’histoire n’en reste pas là

L’histoire aurait pu en rester là. Ce jeune homme aurait éventuellement pris sa décision de rester loin de la Fraternité et je ne serais pas intervenu comme je le fais. Mais non, il fallait que vous aggraviez votre cas!

Vous vous êtes donc égosillé, comme je le disais plus haut, le dimanche 9 septembre dernier, dans la chaire de vérité de la chapelle Saint-Joseph de Montréal, pour présenter à tous, en son absence, le cas de ce jeune homme et vous scandaliser qu’il ait reçu le baptême des mains « d’un prêtre vagabond » et surtout « après seulement trois mois de préparation. »

  • Premièrement, quelle autorité avez-vous reçue sur les fidèles de la ville de Montréal, pour que le Seigneur ne puisse pas agir par l’intermédiaire d’autres prêtres que vous pour conduire au bain de la régénération des âmes qu’Il désire s’approprier? Seriez-vous donc devenu un passage obligé pour le Seigneur? Un homme indispensable? Si le Seigneur veut agir par l’intermédiaire d’autres prêtres que vous pour sauver les âmes, quel problème cela vous pose-t-il?

 

  • Deuxièmement, depuis quand êtes-vous devenu juge de la préparation adéquate des âmes qui viennent vers les autres prêtres pour recevoir le baptême? Si un prêtre s’occupe d’une âme pour la préparer au baptême, il est juge de sa préparation et vous n’avez rien à voir là-dedans. Si ce jeune homme s’approche de vous par la suite pour recevoir le sacrement de confirmation, à vous de vérifier s’il connaît suffisamment sa Foi, comme vous le feriez avec n’importe quel autre fidèle qui vous  demanderait le même sacrement, du moins j’ose l’espérer. À moins que vous n’ayez reçu juridiction sur la ville de Montréal et que vous n’ayez l’exclusivité du salut des âmes?

 

  • Troisièmement, vous vous êtes bien abstenu de vérifier la préparation de ce jeune homme. Il ne serait pas prêt parce qu’il n’aurait eu que trois mois de préparation au baptême conditionnel qu’il a reçu. Eh bien, vous faites bien de ne pas chercher plus loin! Il pourrait être très intéressant en effet de mettre l’un à côté de l’autre ce jeune homme et l’un de vos jeunes de la chapelle de Montréal qui est parfaitement « soumis » à la Fraternité, et de les interroger sur leur catéchisme. Le constat pourrait vous être désagréable.

 

  • Quatrièmement, laissez-moi vous rappeler, Monsieur l’inquisiteur improvisé, que j’ai donné par le passé, en tant que membre de la Fraternité Saint-Pie X, des baptêmes dans un délai aussi court que pour ce jeune homme et ce, avec l’approbation du supérieur de district du Canada pour la Fsspx. Mais peut-être que ce qui est légitime dans la Fsspx ne l’est-il plus en dehors d’elle quand on cherche des prétextes pour dire du mal du prochain?

 

  • Cinquièmement, pourquoi refuser – pour cause d’insoumission –  le sacrement de confirmation à un fidèle à qui vous avez donné pendant six mois le sacrement de pénitence et d’eucharistie? Ne vous êtes-vous donc jamais intéressé à savoir qui était ce nouveau venu dans votre chapelle? Ou bien étiez-vous trop pressé de retourner à Saint-Césaire?

 

  • Sixièmement, quelle confiance les fidèles peuvent-ils avoir en un prêtre qui rapporte leurs conversations privées et leurs situations personnelles du haut de la chaire de vérité en leur absence? Le secret professionnel, vous connaissez? Espérons que vous connaissez mieux le secret sacramentel…

 

Où mène le sectarisme?

L’histoire suivante fut rapportée récemment par M. Dominic Vall, un fidèle d’Australie :

« Le 6 septembre de cette année 2018, M. Ben Bayliss, un Catholique traditionnel pratiquant, est mort à l’hôpital 2 heures après que l’abbé T. de la paroisse de Brisbane de la FSSPX lui ait refusé le Sacrement de l’Extrême-Onction. L’abbé P. de la même paroisse a refusé d’annoncer sa mort dans le bulletin pour demander des prières.

« Ce n’est pas la première fois que l’abbé T. a été coupable de manquement à ses devoirs sacerdotaux.

« En avril 2016, il a refusé de donner la Communion à ma nièce de cinq ans, E. Bretz, qui venait juste de faire sa Première Communion et à qui l’abbé T. avait déjà donné auparavant le sacrement de communion. Elle est venue au banc de communion à trois reprises, et à trois reprises il lui a refusé la communion (un fait dont toute la paroisse fut témoin).

« L’abbé T. a aussi refusé le Sacrement de la Pénitence à trois autres paroissiens que je connais : M. John Birchley, le Dr. Anthony Pointing et Mlle Caitlin Smith (10ans).

« J’écris ceci parce que l’abbé T. met volontairement les âmes en danger, dans un esprit de vengeance, en leur refusant les sacrements à de nombreuses reprises.

« Je voudrais que les gens soient informés de la vérité et que le futur soit meilleur, alors n’hésitez pas à faire connaître ceci. »

Vôtre dans le Christ,

Mr. Dominic Wall

3/86 Jutland st

Oxley 4075

 

Inutile de préciser que ce fidèle, décédé sans les sacrements, était critique envers le ralliement de la Fraternité Saint-Pie X à la Rome moderniste…

 

Paissez le troupeau de Dieu, non en dominateurs…

Bref, monsieur l’abbé, ceci n’est qu’une anecdote parmi tant d’autres. Nombreux sont en effet les fidèles qui ont pu remarquer que vous n’avez aucun amour de notre pays et que le Canada-français vous inspire du mépris. Plusieurs personnes sont venues vers moi depuis un an, rebutées qu’elles étaient par vos manières insolentes et dominatrices.

Si notre pays et les âmes qui y vivent vous inspirent si peu d’amour que vous sentiez le besoin de passer votre mauvaise humeur sur un jeune homme qui s’est approché de Dieu au prix de tant de difficultés, que vous ne connaissez pas et que vous n’avez pas même cherché à connaître, peut-être serait-il bon d’envisager de rentrer en France ou ailleurs…

Il se dit que vous aviez demandé cette année votre mutation. Si c’est le cas, vous n’avez pas été exaucé. Que ce soit vrai ou non, nous compatissons avec vous de devoir supporter les gens pénibles du Québec. N’hésitez pas à demander la même chose l’année prochaine. Je ne serais pas étonné que de plus en plus de fidèles ne vous soutiennent dans cette entreprise.

En attendant, nous resterons ce que nous sommes même si cela vous déplaît.

Pour ma part, j’ai l’intention de continuer à venir en aide aux fidèles qui me contacteront dans le futur, même si cela vous déplaît également.

In Christo,

Abbé Pierre Roy

 

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