L’affaire Ringrose 3 – Le coeur du problème

Voici la suite d’une petite série d’articles sur «L’affaire Ringrose», dont les premiers numéros peuvent être lus ici et ici.

Canada Fidèle

 

Il n’y aurait pas lieu en soi de s’étonner qu’un pasteur d’âme comme l’abbé Ringrose rappelle à son troupeau la doctrine de l’Église, même s’il se trouve toujours des gens pour penser que certaines vérités ne sont pas opportunes en ces jours sombres de l’histoire de l’Eglise. L’abbé Ringrose, sans se soucier du « qu’en dira-t-on? », rappelle simplement à ses fidèles quelques vérités indiscutables de notre Foi, et en tire des conclusions qui lui semblent s’imposer.

Mais l’abbé Ringrose, non sans le savoir, réveille en fait un conflit latent dans le monde de la Tradition, et qui a pris dans la Résistance des proportions insoupçonnées. Quel est donc le coeur de ce problème? Est-ce un problème doctrinal qui diviserait les tenants de deux positions différentes? Est-ce autre chose? Nous allons essayer de mettre un peu de lumière sur la situation présente.

Trois écoles de pensée

Tout d’abord, expliquons quelques termes. Dans plusieurs crises de la Foi qui se sont succédées au cours de l’histoire de l’Eglise, différentes positions ont donné lieu à différent groupes qui ont eux-mêmes reçu différents qualificatifs de la part de leurs adversaires ou se les sont imposés eux-mêmes afin de se distinguer des autres groupes. Dans la crise actuelle de la papauté, différentes positions ont émergé progressivement pour expliquer le mystère d’iniquité à l’oeuvre au Vatican et des noms ont été donnés aux différentes écoles de pensée. Arrêtons-nous aux principales écoles :

 

  • Les sédévacantistes : Ce groupe (qui semble prendre de l’expansion en ce moment à chaque fois que l’actuel occupant de la Chaire de Pierre ouvre la bouche) se compose de ceux qui croient que la Chaire de Pierre est vacante, c’est-à-dire vide, et que nous n’avons en aucune manière un Vicaire de Jésus-Christ en ce moment à la tête de l’Église. S’appuyant sur le Magistère de l’Église et les promesses du Christ à son Église et plus particulièrement à Pierre et à ses successeurs, les sédévacantistes considèrent que les papes de Vatican II ne sont ni investis de l’autorité du Christ, ni n’ont été élus légitimement comme chefs visibles de l’Église du Christ, puisqu’un hérétique, n’étant pas membre de l’Église, ne peut en être la tête. Le siège étant vacant, une élection pourrait en théorie avoir lieu dans l’Église pour élire un successeur à Pierre, bien que dans la pratique la plupart considèrent que les circonstances présentes ne le permettent pas. Les sédévacantistes se divisent eux-mêmes en plusieurs écoles qui n’ont souvent que des différences mineures. Mais l’objet de ces lignes n’étant pas d’étudier précisément aucune des écoles, nous nous contenterons de vues générales sur chacune des écoles. Les sédévacantistes, en général, n’aiment pas l’étiquette qu’on leur impose pour créer autour d’eux un climat de crainte. Ils se contentent de s’appeler « des catholiques qui sont fidèles à la Foi et tirent les conséquences des dogmes que l’Église enseigne.» Leur nullam partem avec l’Église de Vatican II est absolu : ce n’est pas l’Église Catholique, et, par conséquent, ils croient qu’y adhérer est schismatique.

 

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Le symbole de la vacance du Siège Apostolique

 

  • Les sédéplénistes : Ce groupe (qui représente la plus grande partie du monde de la Tradition: Fsspx, Fssp et les autres instituts ralliés, de nombreux Résistants) se compose de ceux qui croient que la Chaire de Pierre n’est vacante en aucune manière, c’est-à-dire qu’elle est occupée par les pasteurs légitimes de l’Église. Bien sûr, pour la plupart des sédéplénistes, les autorités actuelles de l’Église errent gravement dans la Foi. Ce groupe a donc élaboré la position appelée « Reconnaître et Résister », c’est-à-dire Reconnaître les Papes de Vatican II comme pasteurs légitimes de l’Église, mais Résister à leurs erreurs. S’appuyant sur la perpétuité de la succession apostolique, ils considèrent qu’il n’est pas possible que l’Église soit sans pape et que la succession apostolique exige une série ininterrompue de successeurs de Pierre jusqu’à la fin des temps. Les sédéplénistes se divisent en plusieurs écoles également, concernant principalement la question de savoir quelles relations avoir dans la pratique avec ceux qu’ils considèrent comme les autorités actuelles de l’Église. Ici encore, une longue étude serait nécessaire pour étudier plus en profondeur les différences mais ce n’est pas l’objet de notre propos. Les sédéplénistes n’ont reçu ce nom qu’assez récemment et plutôt en réponse à l’étiquette qu’ils donnent aux sédévacantistes. Etant majoritaires, ils considèrent ne pas mériter d’étiquette et se disent « des catholiques qui ne veulent tomber ni dans l’hérésie (ce qu’ils feraient, pensent-ils, en acceptant les doctrines et pratiques de Vatican II et des papes conciliaires), ni dans le schisme (ce qu’ils feraient, pensent-ils, en se séparant de façon trop absolue des papes conciliaires) ». Leur nullam partem avec l’Église de Vatican II est relatif, et quelquefois plus rhétorique que réel : l’Église Conciliaire est l’Église Catholique sous un certain aspect; ce n’est pas l’Église Catholique sous un autre aspect.

 

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Pour les sédéplénistes, les papes de Vatican II sont véritablement les Vicaires du Christ mais il faut leur résister dans leurs erreurs contre la foi

 

  • Les sédéprivationnistes : Ce groupe se compose de ceux qui ont adopté une position qu’on pourrait qualifier d’intermédiaire, à savoir que les occupants actuels du Siège de Pierre ont bien été élus légalement comme successeurs de Pierre mais, qu’en raison de leurs hérésies manifestes, ils sont privés radicalement d’une quelconque autorité dans l’Église de Dieu. Voulant sauvegarder l’infaillibilité et l’indéfectibilité de l’Eglise catholique, mais aussi la perpétuité de la succession apostolique, ils adoptent une position qui leur semble concilier les deux éléments. Il y a donc bien selon eux quelqu’un qui est élu pour occuper le poste de pape, et il continue matériellement la succession apostolique, de telle sorte que personne ne peut être élu à sa place pour l’instant pour occuper le poste d’évêque de Rome, mais ce personnage est privé de l’autorité de Dieu pour diriger l’Église en raison d’une défaillance dans l’acceptation : l’élu n’ayant pas l’intention de rechercher le bien commun de l’Église, son acceptation n’est pas valide. Alors que les partisans de la position « Reconnaître et Résister » (les sédéplénistes) croient qu’il faut filtrer ce que disent les papes conciliaires, accepter ce qui est conforme à la Foi et rejeter ce qui est contraire à la Foi, les sédéprivationnistes croient inutile de filtrer, mais font obstinément la sourde oreille à ce que prêchent les papes conciliaires, que ce soit conforme à la foi ou non, tant que ces derniers ne seront pas revenus à la Foi toute entière. Ils considèrent que les papes modernes « sont indignes d’être obéis, puisqu’ils sont hérétiques. » Leur nullam partem avec l’Église Conciliaire est absolu, mais ils n’excluent pas la possibilité qu’un pape conciliaire se convertisse et soit de ce fait investi de l’autorité de Dieu, l’obstacle à cette investiture étant levé.

 

Les experts trouveront sans doute à redire devant notre explication sommaire, mais nous croyons avoir vulgarisé les principales écoles de pensée de la Tradition.

 

Le débat se concentre autour de l’Una Cum

Au cours des années, un des éléments qui a divisé ces différentes écoles dans l’ordre pratique est la question de savoir si le nom des papes et évêques conciliaires doit être conservé ou omis dans la Sainte Liturgie.

Les sédévacantistes intransigeants se montrent farouchement opposés à ce que le nom des papes et évêques conciliaires soit conservé au Canon de la Messe. Plusieurs d’entre eux déclarent illégitimes et sacrilèges les messes « una cum », célébrées en communion avec les hérétiques. D’autres sédévacantistes plus modérés, tout en préférant ne pas nommer les hérétiques dans leur propre messe, ne considèrent pas cette question de l’« una cum » comme déterminante, en raison de la confusion qui règne aujourd’hui dans l’Église, mais s’arrêtent plutôt à la question de la soumission réelle et effective à la hiérarchie conciliaire. On a souvent dit que les sédévacantistes sont des fanatiques qui se croient les seuls catholiques qui existent sur la surface de la terre. La réalité est bien plus mitigée, et on trouve des prêtres et des fidèles tout-à-fait posés, mais qui entendent bien continuer d’utiliser leur foi et leur raison pour analyser le « mystère d’iniquité. »

 

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Una Cum omnibus orthodoxis atque catholicae et apostolicae fidei cultoribus? Le problème théologique qui entoure l’una cum…

 

Les sédéplénistes ont aussi leurs intransigeants qui se montrent plutôt sectaires quand la question de l’« una cum » est abordée. Ils déclarent schismatiques les messes qui ne sont pas célébrées « en union avec » les papes conciliaires, puisque, selon eux, la concélébration avec la hiérarchie moderniste est une garantie d’appartenance à l’Eglise. D’autres sédéplénistes se montrent plus modérés et comprennent que les motifs invoqués par les partisans du retrait du nom des pontifes conciliaires ne sont pas des motifs légers, mais bien plutôt des raisons très graves.

Il faut dire cependant qu’une bonne partie du débat se concentre sur le sens de l’una cum. Certains prétendent que la prière In primis n’est qu’une prière pour le pape et que la concélébration avec l’évêque local et le Souverain Pontife ne sont pas du tout dans l’intention de l’Eglise lorsqu’elle utilise ces mots. D’autres au contraire, s’appuyant sur des auteurs sérieux, comprennent cet « una cum » comme une concélébration.

Quoiqu’il en soit, même si l’« una cum » devait avoir un sens de simple prière pour le pape, certains auteurs très reconnus, ne croient pas possible de prier au canon de la Messe pour les hérétiques et les mal-pensants, comme le rappelait récemment l’abbé Rioult :  « Il est nécessaire d’être dans cette foi pour être compris dans le nombre de ceux dont la sainte Église fait mention. La Sainte Église, en appuyant sur ces mots “omnibus orthodoxis atque catholicæ et apostolicæ fidei cultoribus”, nous montre bien qu’Elle ne prie pas ici pour ceux qui n’ont pas la foi, qui ne sont pas bien pensants ni orthodoxes, et qui ne tiennent pas leur foi des Apôtres. » Dom Guéranger, Explications de la Messe

Comme on le voit, les motifs de division ne manquent pas, et peu de gens gardent la tête froide dans la crise sans précédent que traverse la Sainte Église.

 

La Résistance se met d’accord

Comment allait se positionner la jeune Résistance? Dans un document non encore publié à ce jour, l’abbé Olivier Rioult raconte la création de l’Union Sacerdotale Marcel Lefebvre. Il nous dit qu’en 2014, à deux reprises, la question de l’« una cum » fut abordée à la demande des Dominicains d’Avrillé et de l’abbé Joseph Pfeiffer. À cette occasion, l’abbé Rioult fit savoir qu’il ne désirait aucunement s’associer avec des confrères qui le forceraient à aller contre sa conscience et à s’unir dans la célébration de la messe à celui qu’il considérait comme un agent de la destruction de l’Église du Christ. Lisons-le plutôt :

« Lors de la fondation de l’USML, après la désignation du modérateur, Mgr Williamson, devant une vingtaine de prêtres réunis, laissait la liberté à chacun d’être « una cum » ou « non una cum » au canon de la messe[1]. Le Père Thomas d’Aquin était partisan de cette liberté, l’abbé Altamira de même. Le père Pierre-Marie, prieur d’Avrillé, n’a pas fait d’objection. L’opposition est venue du seul abbé Pfeiffer. Mais l’abbé Picot lui fit comprendre de manière magistrale que notre abbé Pfeiffer, qui se prenait pour « le vrai supérieur du District des USA », manquait cruellement d’esprit, de bon sens et d’analogie… L’incident fut clos mais on ne prit pas le temps de réfuter sur le fond les objections de l’abbé Pfeiffer. On était trop pressés par la messe de clôture et la photo qui devait suivre… »

 

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Réunion fondatrice de l’USML

 

Plus tard, en 2015, l’abbé Altamira écrivait aux confrères de la Résistance et en particulier aux évêques :

« La vacance du siège est quelque chose d’envisageable et, par conséquent, François, tout comme ses prédécesseurs, pourrait ne pas être pape. Beaucoup de choses ont été dites sur le sens de l’« una cum ». Toujours est-il que l’un des sens possibles (« en union avec ») établit une union avec François qu’il n’est pas possible d’admettre vues ses hérésies. Différents confrères ne désirent plus continuer de mentionner François au Canon de la messe et cela nous semble raisonnable. Comme l’a récemment dit l’un de ces prêtres, on pourrait appliquer ici, en guise de solution à cette situation, l’opinion du Cardinal Cajetan citée par l’Abbé Gaudron dans le Catéchisme Catholique de la Crise dans l’Eglise (catéchisme de la FSSPX) : « Si quelqu’un, pour un motif raisonnable, tient pour suspecte la personne du Pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n’importe quel autre, pourvu qu’il soit prêt à accepter le Pape s’il n’était pas suspect. Il va de soi qu’on a le droit d’éviter ce qui est dommageable et de prévenir les dangers… »[2]

« Je suis d’avis » continuait l’abbé Altamira « que, étant donné la situation actuelle de l’Eglise, et à plus forte raison sous le gouvernement de François, il vaut mieux ne pas trop “en rajouter” contre le sédévacantisme et qu’en tout cas il convient de distinguer entre a) un sédévacantisme “viscéral”, qui entend faire un dogme de cette thèse, et pour qui celui qui ne l’accepterait pas ne serait plus catholique et b) un sédévacantisme “théologique” qui envisage, en se fondant sur des arguments théologiques, la possibilité factuelle que l’on puisse être confrontés à la vacance du siège, mais sans considérer hérétiques ceux qui divergent d’opinion.

Je pense que cette deuxième position est raisonnable et légitime. Nous avons aussi l’expérience des années passées. N’oublions pas que l’ami et compagnon de lutte de Mgr Lefebvre, Mgr de Castro Mayer, était sédévacantiste, et ils pouvaient travailler ensemble sans problème, et ce fut ainsi jusqu’à la fin. Je crois savoir que ce fut aussi le cas de l’Abbé Coache, qui travailla avec nous dans la FSSPX jusqu’à sa mort. En Argentine, l’Abbé Raúl Sánchez Abelenda, que beaucoup parmi nous ont connu, était sédévacantiste, et il travailla sans aucun problème avec nous jusqu’à son décès, disant même chaque dimanche l’une des messes du Prieuré de Buenos Aires jusqu’au moment de sa mort. Si l’on excluait l’hypothèse sédévacantiste, on commettrait une erreur intellectuelle, car on ne peut pas affirmer qu’il n’existe pas la possibilité théologique et factuelle que ceci puisse arriver un jour, et il suffit de connaître ce qu’à ce sujet enseignent les théologiens (dont plusieurs saints). »

 

Une question de foi?

C’est donc ici que se trouve en réalité le coeur du problème de l’« affaire Ringrose ». La situation de l’abbé Ringrose vient en réalité révéler les coeurs et pointe du doigt la malhonnêteté de certains confrères.

Si la question de « l’una cum » est un problème théologique insurmontable, alors oui, la différence entre les prêtres « una cum » et les prêtres « non una cum » rend toute collaboration impossible. Mais alors, il ne peut y avoir d’exceptions. Tous les prêtres « non una cum » sont à exclure de la Résistance, et des raisons d’amitié et de vieux copinage ne peuvent prendre le dessus sur les questions de Foi et de doctrine.

Si au contraire la question de « l’una cum » n’est pas un problème théologique insurmontable, alors la même bienveillance doit être appliquée à tous les prêtres, à condition qu’ils sachent faire preuve de modération.

Or, que les prêtres « non una cum » de la Résistance aient été exclus et maltraités, voilà quelque chose qui ne sera pas difficile à prouver si nécessaire étant donnée l’importante documentation rassemblée sur le sujet. Constamment, ces prêtres ont demandé qu’on les laisse simplement libres de suivre leur conscience et de prêcher ce qu’ils croient être la vérité, tout en respectant l’opinion adverse en raison de la situation de confusion dans laquelle se trouve l’Eglise.

Comment expliquer en effet qu’on ait deux poids et deux mesures avec les confrères en fonction de nos vieilles amitiés? L’Eglise Catholique serait-elle devenue une affaire de copinage? En effet, Mgr Williamson écrivait à l’abbé Pierre Roy le 17 août 2017 :

« L’abbé B. ne vous a pas trahi en me faisant savoir que vous vous demandiez pourquoi je travaille avec l’abbé Ringrose, qui est effectivement sédévacantiste, alors que je refuse de collaborer avec vous. Deux poids, deux mesures ? J’ai connu l’abbé Ringrose et collaboré avec lui pendant plus de trente loyales années, culminant avec son aide incroyable pour la consécration de Mgr Zendejas. Il a été un roc et sa paroisse St. Athanasius a été un sûr refuge pour les Catholiques, pour les aider à garder la foi, près du nid de serpent de Washington DC pendant toutes ces années. C’est seulement pendant ces dernières années qu’il est presque sorti de ses gonds à cause du pape François. Son sédévacantisme n’est ni profondément enraciné, ni idéologique, ni déguisé, et c’est gardé sous contrôle par la présence dans sa paroisse de l’abbé Ortiz, qui est explicitement sédépléniste. Hélas, avant que vous n’ayez derrière vous un bilan de trente années pour égaliser celui de l’abbé Ringrose, je mangerai les pissenlits par la racine. Toutes mes bénédictions pour vos prochaines trente années. » Ego sum pastor bonus… Je suis le bon pasteur…

 

La Résistance brise l’accord

Contrairement à ce qui avait été décidé lors de la réunion fondatrice de l’USML, peu de temps après, on commença à créer des difficultés à tous ceux qui étaient « non una cum » ou qui était jugés sédévacantisants.

Il était sans doute délicat pour ceux qui avaient donné leur parole en 2014, de marcher sur leur honneur et de rejeter ouvertement leurs confrères. En réalité, tout indique que la tactique employée fut plutôt de mettre de côté ces confrères, de s’abstenir de répondre à leurs questions, de les considérer comme inexistants, de leur créer enfin toutes sortes de difficultés, de façon à les forcer à se séparer eux-mêmes de la Résistance.

Mais la tactique principale qui fut employée, fut certainement l’inversion accusatoire. Tout à coup, il devenait impossible de collaborer avec les prêtres « non una cum ». Ainsi, le 16 février 2017, Mgr Williamson écrivait à l’abbé Pierre Roy : « L’USML, à ses débuts, avec mon encouragement personnel, a été laissée délibérément une association très libre, de sorte que chaque associé serait complètement libre de suivre son propre chemin. Ceux qui citent le nom du pape dans le Canon et ceux qui ne le font pas ont maintenant, comme il s’avère, besoin de se séparer. Une action commune s’avère difficile ou impossible. La raison de la gravité de la différence est que le pape est le principal défenseur de la foi et que la pensée des prêtres qui pensent qu’ils peuvent défendre la foi sans qu’il y ait un pape est très différente de la pensée de ceux qui pensent défendre la foi avec un pape, cependant mauvais. » 

François étant le principal défenseur de la Foi Catholique, il n’est pas possible pour les prêtres de la Résistance de travailler ensemble sans François. Comprenne qui pourra…

 

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Le principal défenseur de la foi reçoit la bénédiction de M. Justin Welby, «archevêque» anglican de Cantorbery, au Vatican sous l’oeil attendri d’un Monsignor

 

Une drôle de mission

Combien de temps encore faudra-t-il que certains clercs se croient la mission de persécuter les fidèles du Christ et les autres membres du clergé parce qu’ils ne partagent pas leurs opinions personnelles dans cette crise de dimension apocalyptique que traverse l’Eglise? Combien de temps encore se croiront-ils les pasteurs légitimes de l’Eglise, comme s’ils pouvaient parler avec l’autorité du Christ et imposer des sanctions à ceux qui refusent de les suivre?

Combien de temps encore faudra-t-il que l’on rende compliqué ce qui est simple? La foi est-elle devenue quelque chose que seuls les théologiens habiles dans l’art de couper les cheveux en quatre peuvent comprendre correctement? Ou bien le Christ n’est-il pas venu pour les petits et les humbles?

Ne nous a-t-il pas averti qu’«Il connaît ses brebis et que ses brebis le connaissent?» Comment reprocher aux fidèles de ne pas reconnaître la voix du Christ dans les Bergoglio, Ratzinger, Wojtyla et autres loups qui ont envahi la bergerie du Christ? « Les brebis, dit Jésus, ne suivront point un étranger, mais elles le fuiront, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.» Jean 10,5

Que sert aux clercs susmentionnés de vouloir imposer leurs vues personnelles à tout un chacun? À quoi leur sert-il d’avoir fait des sacrements du Christ des instruments de pouvoir? Agissent-ils ainsi en espérant recevoir du Christ force louange? Sont-ils en train de paître les brebis ou «de dominer avec orgueil et sauvegarder leur autorité» comme le dit la Vierge à La Salette?

Autant de questions auxquelles il faudra qu’ils répondent devant le tribunal du juste juge.

 

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Les brebis ne peuvent-elles donc plus faire la différence entre la voix du loup et la voix du pasteur?

« Dis-le à l’Eglise »

Plusieurs ont pu lire deux articles récents (ici et ici) sur le site La Sapinière qui révélaient certains détails non glorieux sur les agissements de ceux qui, tout en disant ne pas vouloir diriger la Résistance, y tirent cependant toutes les ficelles.

On pourra se poser la question de l’opportunité de telles publications. Certains esprits timorés semblent redouter par-dessus tout ces révélations inopportunes. Le Seigneur ne semble pas quant à lui opposé à ce que les coeurs soient révélés lorsqu’une discussion paisible est écartée :

« Si ton frère a péché contre toi, va, reprends-le entre toi et lui seul; s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends avec toi encore une ou deux (personnes), afin que toute chose se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Eglise; et s’il n’écoute pas même l’Eglise, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. » Matthieu 18, 15-17

Nous croyons qu’il est très important que soient connus les détails de ce qui s’est passé ces dernières années, afin que les confrères qui voudraient faire leur devoir et s’opposer ouvertement au ralliement à l’Eglise Conciliaire ne se fassent pas d’illusion sur la situation de la «Résistance» : cette situation n’est pas nécessairement celle que nous dépeint le site Reconquista

 

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

C’est par ces mots de Bossuet que nous conclurons ce numéro 3 de l’Affaire Ringrose. Mgr Williamson insiste avec raison sur la nécessité de ne pas faire du «cinquantisme», c’est-à-dire de ne pas nous comporter comme les Catholiques des années 1950, qui étaient tout-à-fait prêts à ingurgiter Vatican II.

De la même façon, ne serait-il pas temps de cesser de faire du «deux-millonzisme» et de rechercher ce qui a pu conduire la Fraternité à la crise qui l’étouffe depuis 2012? Les prêtres et fidèles de 2011 n’étaient-ils pas pour la plupart tout-à-fait prêts à ingurgiter la Déclaration Doctrinale de 2012 ? N’est-il pas temps de réfléchir paisiblement sur cette réalité qu’on appelle l’Eglise Conciliaire? sur l’identité des blasphémateurs qui conduisent les fidèles à la perte de leurs âmes depuis plusieurs décennies? C’est pour avoir osé poser ces questions que certains sont considérés comme dangereux.

La paix dans l’âme, ces questions continueront d’être posées par leurs auteurs qui n’ont pas quitté une situation de mensonge dans la Fraternité pour prêter leur intelligence, leur langue et leur plume à une situation de mensonge sinon identique, du moins similaire.

Christe Eleison!

 

 

[1] Tommaso de Vio cardinal Cajétan O.P., Commentarium in II-II, 39,1. Cité dans: Abbé Matthias Gaudron FSSPX, Catéchisme catholique de la crise dans l’Église, mai 2008.

[2] Les disciples de la FSSPX crieront peut-être au scandale devant une telle liberté. Mais ce ne serait qu’hypocrisie. Une anecdote révélatrice le montrera. Le 15 mai 2015, pour fêter les cinquante ans de sacerdoce du Révérend Père Raffali, qui est non una cum, les abbés Beauvais et Radier faisaient diacre et sous-diacre en présence des abbés Boivin, 2e assistant du district de France, et Laguérie (Jacques) en surplis dans le chœur. Tous manifestaient ainsi leur union liturgique avec un prêtre non una cum, c’est-à-dire avec un prêtre qui ne cite pas François au canon de la messe et pour qui l’occupant du siège de Pierre n’est pas pape. Dans son homélie, l’abbé Radier, qui est una cum, a loué le Révérend Père Raffali, qui est non una cum, pour sa fidélité dans le combat de la foi… (Note de l’abbé Rioult)

 

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