Nouvelles d’Acadie et d’ailleurs – 2

Voilà plus d’un an qu’est paru le premier numéro de cette lettre qui a pour but de donner à tous ceux qui le désirent quelques nouvelles des groupes desservis par la Mission Notre-Dame-de-Joie.

Les choses ont évolué dans la bonne direction par la grâce de Dieu, me semble-t-il, depuis le premier numéro, c’est-à-dire depuis décembre 2016.

 

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Les paysages féériques des Maritimes

Une bonne décision

Bien sûr, prendre la décision de quitter la Fraternité Saint-Pie X est quelque chose de sérieux. Malgré les raisons très graves qui ont convaincu les différents prêtres de faire ce pas et en raison sans doute de l’inertie de tant d’autres confrères, on se demande toujours un peu si on a pris la bonne décision. Le temps passant et devant une situation qui n’a cessé d’empirer au sein de la Fraternité ces dernières années, force est de constater que c’était la bonne chose à faire. En fait, si vous parlez avec la plupart des prêtres qui ont quitté, ils vous diront qu’ils considèrent leur départ comme une grande grâce.

La Providence ne manque pas non plus de nous en donner des signes clairs. Il y a quelques semaines, par exemple, le cérémoniaire qui m’assistait à Montréal lors de la messe du 17 avril 2016 (date de mon premier sermon compromettant), se mariait à Winnipeg, au Manitoba, devant le prêtre moderniste de la paroisse Novus Ordo locale, sous les yeux ébahis et émerveillés du prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, servant de pot de fleur et se préparant à célébrer la messe sous les yeux non moins ébahis et émerveillés du prêtre moderniste. Le mariage de deux jeunes traditionnalistes, mais le mariage surtout de deux Églises. Alice au pays des Merveilles! Prêtre de la Fraternité dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Rien de vraiment surprenant à cela, ce sont les dispositions prises par le pape François et acceptées avec une reconnaissance sans borne par Mgr Fellay. Le principe étant accepté, la pratique suivra progressivement, quand les esprits s’y habitueront. Rien de nouveau sous le soleil. Les mécanismes de la révolution sont connus. Seuls ceux qui s’opposeront de plein fouet survivront comme toujours. Les autres s’habitueront à ce énième compromis, le compromis dans ces domaines étant un manque d’amour pour Dieu et son Église, et le manque d’amour étant toujours puni par l’aveuglement de l’esprit et la tiédeur du cœur.

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Le grand Saint Ignace de Loyola – Une statue de Montréal

Comme tous ceux qui ont vécu dans des mondes un peu fermés, le fait de se retrouver en dehors nous permet aussi de considérer les choses avec un peu plus de recul et de porter un jugement plus juste. Plusieurs, en nous voyant quitter la Fraternité Saint-Pie X, se comportent avec nous comme si nous avions quitté l’Église. En réalité, nous avons quitté une congrégation religieuse et nous continuons de servir l’Église là où la Providence nous guide. La Fraternité est un moyen permis par Dieu et non pas une fin, et, si ce moyen se corrompt et devient un obstacle au bien de la Tradition et des âmes, il nous faut savoir nous en détacher. C’est l’indifférence ignatienne : je ne me servirai des créatures que dans la mesure où elles me guident vers la fin que Dieu m’a donnée, et je m’en détacherai dans la mesure où elles deviennent un obstacle à cette fin. Combien de prêtres devraient mettre en pratique ce qu’ils prêchent lors des Exercices spirituels!

Le fait de quitter la Fraternité nous met également en contact avec tout un petit monde qui foisonne hors de son sein et nous permet d’ouvrir les yeux à une réalité différente : non, la Fraternité n’est pas l’Église et n’est pas la Tradition, contrairement à ce que semblent prêcher plusieurs de ses membres. Elle en fait partie, mais le troupeau du Seigneur est en ce moment vraiment dispersé sur toute la terre, et partout se trouvent des âmes de bonne volonté qui restent fidèles à Dieu du mieux qu’elles le peuvent. Il ne manque pas de voix qui s’élèvent ou de gestes qui se posent à l’intérieur de ce qu’on appelle « la Résistance » et qui tendent à recréer un petit monde tout aussi cloisonné et imperméable. Cela ne pourrait se faire qu’au détriment des âmes des fidèles et nous prions la Providence de donner au contraire à chacun « un cœur large comme le sable qui est au bord de la mer. » 1 Rois, 5,9

 

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Le Détroit de Northumberland

 

Une nouvelle mission à St-Catharines

En janvier 2017, des fidèles de la région de St-Catharines, en Ontario, ont demandé avec insistance à recevoir mes visites, étant privés de la visite régulière d’un prêtre qui ne s’était pas compromis avec l’Église conciliaire. Et voilà qu’une nouvelle mission s’ouvrait, comprenant environ trente-cinq fidèles, dont trois familles. Évidemment, il était impossible de visiter ce groupe autrement qu’en avion. Ce groupe est donc desservi une fois par deux mois, mais il est menacé d’extinction, puisque les familles de St-Catharines réfléchissent sérieusement à se déplacer au Nouveau-Brunswick, près de Lakeville, pour se rapprocher de la Messe et des sacrements. Une première famille déménagera au début du mois de mai de cette année 2018, ce qui ajoutera dix nouveaux membres à la chapelle de Lakeville; les autres familles, tout en n’ayant pas de date prévue, songent à faire de même. À la grâce de Dieu.

 

Notre association

Nous avons ensuite fait les démarches pour devenir une association. En effet, puisque nous songions à acquérir des bâtiments et à construire quelque chose de solide et de durable, il était important de faire les choses dans l’ordre. C’est ainsi que le 1er mars 2017, la Mission Notre-Dame-de-Joie Inc. / Our Lady of Joy Mission Inc. devenait une association selon la Loi sur les Compagnies du Nouveau-Brunswick. C’était le début de notre existence légale.

Mais les Compagnies qui désirent devenir un organisme de bienfaisance doivent ensuite déposer une demande auprès de l’Agence du Revenu du Canada. Ce fut fait et le 1er août 2017, la Mission Notre-Dame-de-Joie devenait effectivement un Organisme de Bienfaisance, capable par conséquent de produire des reçus fiscaux et d’être exemptée de taxes, choses qui sont d’un précieux secours pour nous aider à croître.

 

Un presbytère

Nous étions désormais prêts à acquérir des bâtiments qui allaient faciliter l’apostolat de la Mission. En effet, je vivais jusqu’alors dans un appartement en plein cœur de la ville de Dieppe au Nouveau-Brunswick, à quinze minutes de voiture de la chapelle, ce qui n’était pas l’idéal à tous les niveaux.

 

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Le presbytère Saint-Michel

 

Une petite maison fut donc achetée à Lakeville, près de l’église. L’achat ayant été complété le 29 septembre 2017, cette petite maison devint le Presbytère Saint-Michel. Cette maison est très modeste mais remplit bien sa fonction pour l’instant. Quelques travaux ont dû être faits. En effet, toutes les compagnies d’assurance refusaient de couvrir les risques de fuite d’huile dans la maison, sous le prétexte que je ne suis pas le propriétaire de la maison, mais que je suis plutôt considéré comme un locataire de la Mission Notre-Dame-de-Joie, et qu’un locataire est censé être moins soigneux qu’un propriétaire. Nous avons donc décidé de changer de système de chauffage et de nous convertir à l’électricité. Ces travaux ne furent pas gratuits, puisqu’il fallait en tout premier lieu changer l’entrée électrique et le panneau électrique pour qu’ils puissent soutenir une bouilloire électrique; il fallait ensuite changer la bouilloire à l’huile pour une bouilloire électrique et ajouter un chauffe-eau.

Mais, malgré ces inconvénients, le fait d’avoir acheté la maison au nom de l’association a bien d’autres avantages, à savoir la sécurité donnée aux fidèles de conserver un bien si quelque chose devait arriver à leur prêtre, ainsi que l’abstention des taxes de bienvenue lors de l’achat et des taxes foncières à chaque année.

D’autres travaux seront nécessaires au presbytère Saint-Michel. En effet, j’espère y faire une petite chapelle pour faciliter la vie de prière. Bien que le presbytère ne soit qu’à 900 mètres de la chapelle, celle-ci n’est chauffée que pour les offices religieux, pour des raisons évidentes d’économie. Il arrive donc bien souvent que l’eau bénite soit gelée dans les bénitiers. Il est par conséquent difficile de prier à la chapelle en dehors des heures où elle est chauffée. Également, j’espère enfin installer ma bibliothèque dans le sous-sol de la maison afin de faciliter cette fois le travail intellectuel. Comme me disait un fidèle combattant des premières heures de la Tradition, non dépourvu de sagesse, « il faut apprivoiser sa solitude ». Après deux ans, c’est devenu plus facile, mais quoi de mieux que la prière, le travail intellectuel et manuel ainsi que les heures passées à préparer le ministère pour permettre la survie des prêtres rendus solitaires par la nécessité.

 

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Le dimanche des Rameaux au Canada : on n’a pas envie de mettre nos vêtements sur le sol sous les pas du Seigneur comme le rapporte l’Évangile

Une croissance constante

Si nous avons des difficultés à la Mission Notre-Dame-de-Joie, celles-ci sont certes liées à la croissance constante des petites Missions et au fait par conséquent qu’il nous faudrait un deuxième prêtre pour desservir plus régulièrement tous ces fidèles. C’est à chaque mois que se présentent ici ou là de nouveaux visages et le nombre de fidèles desservis régulièrement par la Mission Notre-Dame-de-Joie dans les six provinces de l’Est du Canada avoisine les 300. Ainsi, depuis le premier numéro de cette lettre, trois familles nous ont rejoint à l’Ile-du-Prince-Édouard, soit un total de 21 nouveaux pour cette seule mission de l’Ile-du-Prince-Édouard. L’abbé Pinaud et moi-même avons eu la joie le sept mars 2018 de donner un baptême conditionnel à huit d’entre eux, baptisés dans diverses sectes protestantes, après leur profession de foi, selon la discipline observée en Amérique du Nord avant le Concile Vatican II pour toute personne ayant été baptisée dans une secte protestante. Ainsi, avec un autre baptême d’adulte à Montréal en février et deux autres qui s’annoncent aux Maritimes dans les prochains mois, c’est bientôt onze baptêmes d’adultes qui auront été donnés depuis le début de l’année 2018.

 

La chapelle sera-t-elle assez grande?

Je me suis plusieurs fois demandé depuis deux ans pourquoi le Seigneur ne permettait pas que nous acquérions la petite église Notre-Dame-de-Joie à Lakeville. En réalité, je commence à me demander si elle ne sera pas trop petite et si ce n’est pas un autre local qu’il nous faudra acquérir. En effet, il arrive désormais que l’église soit pleine aux trois-quart, et ceci dans l’hiver des Maritimes, alors que plusieurs familles ne peuvent voyager aussi facilement qu’elles le voudraient et sans compter ces trois familles qui veulent déménager de l’Ontario…

Il est vrai que le fait d’acheter cette église malgré sa petite taille nous donne l’avantage de restreindre les frais de chauffage et autres frais le plus possible, et de nous conserver la possibilité d’acquérir des bâtiments pour les autres missions… Nous verrons. La Providence ne manquera pas de nous manifester sa volonté.

 

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La chapelle Notre-Dame-de-Joie peut loger environ 90 fidèles

 

Quelques mots à propos des Missions du Québec

Les missions du Québec sont stables. Comme noté plus haut, nous avons eu la joie de baptiser un adulte à Montréal en février. L’abbé Pinaud nous a rendu le grand service de visiter pour la dixième fois les fidèles de la Mission Saint-Jean-Baptiste (nom donné à l’ensemble des petits groupes du Québec) du 15 février au 15 mars 2018. Nous l’en remercions chaleureusement. La situation du Québec et de l’Ontario est différente de celle des Maritimes en ce sens que les fidèles du Québec et de l’Ontario sont pour la plupart des anciens de la Fraternité, ayant toutes les raisons de se méfier de la nouvelle direction qu’a prise cette dernière depuis au moins 2012, alors que les fidèles des Maritimes sont des gens qui ont été jusqu’en 2016 privés de la présence constante d’un prêtre et qui demandent principalement les secours religieux.

 

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Perspectives d’avenir

Nous vivons dans un temps très incertain et il est difficile de prévoir ce que sera le futur du monde et de l’Église, et, par conséquent, de nos petites missions. Quoiqu’il en soit, il est bien certain que nous devons nous organiser comme si les choses devaient rester longtemps comme elles sont et même continuer d’empirer de jour en jour. Il semble que Moncton (Lakeville) soit appelé à devenir un centre où les familles de la région se rassembleront pour mener ensemble le combat de la foi. Pourrons-nous un jour fonder une petite école pour rassembler les enfants et les protéger des écoles de l’État? Dieu seul le sait, mais nous ne l’excluons pas.

Mon plan était d’acheter d’abord l’église, puis un presbytère, mais, comme je le disais plus haut, ce ne fut pas possible pour différentes raisons d’acquérir d’abord l’église, et il nous fallait cesser de payer deux locations le plus tôt possible, pour cesser de jeter l’argent de la Mission par les fenêtres. Nous avons donc acheté le presbytère Saint-Michel. Il nous reste une dette d’environ 60 000$ à payer sur cette maison et tous les dons sont les bienvenus. Une fois cette dette effacée, il est certain qu’il nous faut considérer sérieusement l’achat d’une église. Viendra ensuite la nécessité de commencer à regarder sérieusement s’il nous est possible de trouver de petites églises pour les missions d’Halifax en Nouvelle-Écosse et de Charlottetown à l’Ile-du-Prince-Édouard.

 

Laus Deo

Cette année, le 3 juin sera le jour de la solennité de la Fête-Dieu. Ce sera également le deuxième anniversaire de mon départ de la Fraternité. À cette occasion, nous ferons comme d’habitude la procession du Saint-Sacrement et nous célèbrerons les premières communions, et les familles des Maritimes et d’ailleurs qui le désirent pourront se réunir à Lakeville comme les deux dernières années pour une petite fête paroissiale. La messe de ce jour sera célébrée en action de grâces pour la protection divine qui nous a été accordée au cours de ces deux dernières années.

 

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Procession de la Fête-Dieu en 2017

La Mission Notre-Dame-de-Joie souffle ses premières cinq bougies

Le 12 septembre de cette année sera le 5ème anniversaire de la Mission Notre-Dame-de-Joie. À cette occasion, un petit historique s’impose : après un an de visites mensuelles dans les provinces Maritimes du Canada (2012-2013), visites qui comprenaient les missions de Miramichi, Halifax et Charlottetown, il devenait évident pour moi que les fidèles de ces missions avaient besoin de plus de soins spirituels. J’ai donc demandé à l’abbé Jürgen Wegner, alors supérieur du district de la Fraternité Saint-Pie X, de louer un appartement dans la ville de Moncton qui se trouve au centre de ces trois missions. L’abbé m’accorda la permission demandée, à condition que les missions s’auto-suffisent financièrement, et, le 12 septembre 2013, la Mission Notre-Dame-de-Joie voyait le jour. Je me souviens qu’en ce mois de septembre 2013, sur ma route du Québec à Moncton et lors de mon retour de Moncton au Québec, deux petites statues de Notre-Dame de Liesse me furent données par des gens que je ne connaissais pas. Je vis cela à l’époque comme une bénédiction de Notre-Dame. Le salon, la salle à manger et la cuisine de l’appartement servaient de chapelle, la chambre à coucher faisait également office de sacristie, et la chambre de débarras était le lieu où l’on se débarrassait aussi de ses péchés.

 

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Ainsi commença la Mission Notre-Dame-de-Joie, dans un appartement de Dieppe, NB

 

Nous venions donc toujours une fois par mois aux Maritimes, mais au lieu d’y rester quatre jours, les prêtres y séjournaient jusqu’à dix jours. Cela permit le développement rapide des missions et après un an, il devenait impossible de loger le dimanche tous les fidèles qui affluaient. Nous avons donc commencé à emprunter la chapelle d’un salon funéraire pour les messes dominicales. Après quelques mois, l’évêque de Moncton entra en contact avec le propriétaire du salon funéraire et s’assura que nous soyons mis à la porte. Cela nous força donc à chercher autre chose et c’est ainsi que nous commençâmes à louer l’église actuelle en août 2015, église qui est une ancienne propriété de l’Église Unie et qui fut achetée par le voisin qui est par ailleurs ravi de notre présence dans ce bâtiment. Les fidèles firent des agenouilloirs et un confessionnal, ajoutèrent une douche pour que le prêtre puisse y résider et isolèrent le grenier pour permettre de sauver de l’argent en chauffage. Ainsi, l’évêque de Moncton nous avait aidé à améliorer notre sort en nous persécutant, ce qui arrivera par la suite à chaque fois qu’il nous persécutera.

Il y aura bientôt trois ans que nous serons dans cette petite chapelle. Cette année, une sacristie a été ajoutée, qui n’est pas encore complétée. Cette sacristie est faite à partir des meubles d’une ancienne cuisine et peut donc être entièrement déplacée le temps venu si nécessaire. Le travail ne manque pas, et nous prions le Seigneur et Notre-Dame de Joie de continuer à veiller sur nous.

 

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La sacristie prend forme

 

Mot de la fin

Je voudrais terminer cette petite lettre de nouvelles par quelques mots d’action de grâces pour la protection divine durant ces deux années. Merci à la Providence de nous avoir conservés dans la Sainte Religion, malgré toutes les difficultés inhérentes à la situation présente de l’Église. Que le Seigneur continue de veiller sur nous, nous en avons bien besoin.

 

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Abbé Nicolas Pinaud

Je voudrais souligner enfin les vingt-cinq années de sacerdoce de l’abbé Nicolas Pinaud qui fut pour moi un soutien indéfectible durant ces deux années. Je suis très reconnaissant que l’abbé Pinaud soit resté en contact permanent avec moi depuis juin 2016, malgré la distance qui nous sépare et le travail abondant qui est le sien, jouant le rôle d’un véritable confrère. Cela montre qu’il n’y a pas besoin de faire partie d’une fraternité pour se comporter en confrères, comme on le chante dans le répons du troisième nocturne du Commun de plusieurs Martyrs (non pas que nous voulions jouer aux martyrs) : « Voici la véritable fraternité qui jamais ne put être altérée au combat.» C’est dans l’épreuve que l’on reconnaît ses véritables amis.

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde!

Servez le Seigneur dans la joie! Ps. 99

Abbé Pierre Roy

 


 

News from the Maritimes and elsewhere

 

Note : Please excuse the poor English of this letter, its author only speaks French or Frenglish and this letter has not been corrected by a disciple of Shakespeare…

 

It is more than one year since the first issue of this Newsletter came out, newsletter that simply intends to give a few heads up regarding the groups that are served by Our Lady of Joy Mission.

By the grace of God, things went the good direction, it seems to me, since the first issue, this is since December 2016.

 

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The fairytale landscape of the Maritimes

A good decision

Obviously, to take the decision of leaving the Society of Saint Pius X is something very serious. In spite of the very grave reasons that have determined some priests to make this step, and probably due to the fact that so many other priests seem to be comfortably sleeping as if everything were fine, one cannot but wonder a little bit sometimes if he took the right decision in leaving his religious community. Time passing and in front of a situation that went worse by the day in the last years in the Society, we have no choice but to come to the conclusion that it was the good thing to do. As a matter of fact, when you speak with most priests who have left, they consider their departure as a grace that God has given them.

Providence does not fail either in giving us clear signs that it was the Will of God. A few weeks ago, for example, the young man who served as master of ceremony in Montreal during the Mass of April 17th, 2016 (day of the sermon that brought on me «fire and fury» from my superiors), this young man got married in Winnipeg, Manitoba, in front of the modernist priest from the Novus Ordo local parish, the SSPX priest looking at the scene with astonishment and amazement, being there on the side as a flower pot and getting ready to celebrate the Mass in front of the Novus Ordo priest, on his turn astonished and amazed at the scene. The marriage of two young traditionalists, but above all, the marriage of two Churches. Alice in the Wonderlands! Priest of the SSPX, tell me who you hang around with, I will tell you who you are. Nothing very surprising to this, these are the dispositions taken by pope Francis and accepted with an infinite gratitude by Bishop Fellay. The principle having been accepted, practice will follow step by step, when the minds will be used to it. Nothing new under the sun. The Revolution mechanisms are known by now. Only those who will oppose openly will survive as always. The other ones will get used to this new compromise, compromise in these matters being a lack of love for God and His Church, and the lack of love being always punished by a blind mind and a lukewarm heart.

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The great St Ignatius – Statue from Montréal

As all those who lived into a group that was a little closed on itself, the fact to find oneself out of it allows to reconsider things with more pertinacity and to bear a more acute judgment on things. Many, in seeing us priests leaving the Society, deal with us as if we had left the Church. In reality, we have left a religious congregation and we continue serving the Church where Divine Providence guides us. The Society of Saint Pius X is a mean and not an end, and if this mean becomes corrupted and becomes an obstacle to the good of Tradition and of souls, we have to be courageous enough to detach ourselves from it. This is what we call the ignatian indifference : I will use the creatures only inasmuch as they guide me towards the final end that God has given me, and I will detach myself from them inasmuch as they become an obstacle to this end. How many priests should put into practice what they preach in Spiritual Exercices!

The fact to quit the SSPX puts us in contact with a little world that exists outside of its bosom and allow us to open our eyes to a different reality : no, the Society is not the Church and is not Tradition, contrarily to what we often hear from some of its members. It is a part of it, but the Lord’s flock is in these very days dispersed all over the earth, and everywhere we find souls of good will who stay faithful to God the best they can. There are not few voices that rise in what we call the Resistance or steps that are made thereof in order to recreate a little world as septate and airtight. This would not be for the benefit of the souls of the Faithful and we pray Divine Providence to give each one on the contrary « a heart as measureless as the sand on the seashore». (1 King, 4,29)

 

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The beautiful coast of New Brunswick

 

A new mission in Saint Catharines

In January of 2017, the Faithful from St. Catharines area, in Ontario, have requested insistently that I would visit them, being deprived of the regular visit of a priest who had not compromised with the Conciliar Church. Thus, a new mission was opened, with a total of approximately thirty-five members, of which three families. Obviously, it was impossible to visit this group otherwise than by plane. This group is therefore served every two months, but it is under the threat of extinction, because the families of St. Catharines are seriously considering to move to New Brunswick, close to Lakeville, in order to be closer to Mass and the sacraments. A first family will move at the beginning of May 2018, which will add ten new members to the Lakeville chapel; the other two families, not having yet a date, are thinking of doing the same thing. In God’s hands…

 

Our Association

We then took the steps to become an association. Since we were considering to purchase buildings and to build something solid and durable, it was important to do things in good order. This is how, on March 1st, 2017, the Mission Notre-Dame-de-Joie Inc. / Our Lady of Joy Mission Inc. became an association under the New Brunswick Companies Act. This was the beginning of our legal existence.

But Companies that want to become a Charity must then make a request to the Canada Revenue Agency. This was done and, on August 1st, 2017, Our Lady of Joy Mission became a Charity, able therefore to give Charity Tax Receipts and to be exempted from taxes, both things being a very great help to allow us to grow.

 

A rectory

We were then ready to look for buildings that would facilitate the apostolate of the Mission. Till then, I was living in an apartment building in downtown Dieppe, NB, fifteen minutes by car from the chapel, situation that was not the best one at many levels.

A little house was purchased, close to the chapel. The closing of the purchase having been completed on September 29th, 2017, this little house became St Michel Rectory. This house is very modest but is perfectly convenient for now. Some works were done. All insurance companies declined to cover any oil spill, because I am not the owner of the building, but rather considered as a tenant of Our Lady of Joy Mission. A tenant being supposed to be careless, there would obviously be oil spills, and therefore this eventuality could not be covered. We decided therefore to change the heating system from an oil boiler to an electric one. These works were not free, because we had to change first the electric panel to a new one that would provide enough electricity for an electric boiler; then we had to change the boiler and to add a hot water tank.

 

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St Michael Rectory

 

But, in spite of these works, the fact to have purchased the house under the name of the association had many advantages, that is the security that was given to the Faithful to have something left if anything was to happen to their priest, as well as the exemption from welcome taxes at the purchase and property taxes every year.

Other works will have to be accomplished in the future at St Michael Rectory. I am hoping to be able to make a little chapel in it to facilitate prayer life. In spite of the fact that the chapel is only 900 meters away from the rectory, the chapel is heated only for religious services for obvious financial reasons. It is not rare therefore that holy water be frozen at the entrance of the chapel, and this does not facilitate prayer outside of religious services. Also, I would like to be able to make a library in the basement of the rectory to have my books available, thus facilitating intellectual work. As said to me by a Faithful of the first hour of Tradition, not in want of wisdom, « solitude has to be domesticated ». After two years, it has become easier, but is there anything better than prayer, intellectual and manual work, as well as hours spent to carefully prepare the ministry to allow the survival of priests reduced to a solitary life by the necessity of our times?

 

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Palm Sunday in Canada. We do not feel like removing our clothes to pave the way to Our Lord as reported in the Holy Gospel

A constant growth

If we have some difficulties at Our Lady of Joy Mission, these are linked to the constant growth of our little Missions and therefore to the fact that the help of a second priest would be welcome to serve more regularly and better all these Faithful. There is not a month without new faces showing up somewhere and the number of Faithful served by Our Lady of Joy Mission is close to three hundred in the six provinces of Eastern Canada. For example, since the first issue of this Newsletter, three families have joined us in Prince Edward Island, so a total of twenty-one newcomers for this mission of Prince Edward Island only. Father Pinaud and myself had the joy on March 7th, 2018 to give a conditional Baptism to eight of them, who had been baptized in various protestant sects, after their profession of Faith, according to the practice of the Church in North America before the Second Vatican Council. With another adult Baptism in Montreal in February and two other Faithful getting ready for the same procedure in the coming months, it will soon be eleven adult Baptism that will have been given since the beginning of the year 2018.

 

Will the chapel be big enough?

I many times wondered why for the past two years the Lord did not allow us to buy the little church in Lakeville. In reality, I start wondering if it will not be too small and if it is not another building that we will have to purchase. Indeed, it happens now that the church be full at the three quarters, and this during winter, while families have difficulty to travel from afar, and this is without counting the three families that are willing to move from Ontario to New Brunswick…

It is true that the fact to buy this church in spite of its small size gives us the opportunity to reduce the expenses and to possibly acquire small chapels for other missions… We shall see. Divine Providence will not fail in manifesting its will.

 

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Our Lady of Joy Chapel can host approximately 90 Faithful

A few words regarding the Missions of Quebec

The Missions in Quebec are stable. As noted before, we had the joy to baptize an adult in Montreal in February. Father Pinaud was good enough to visit for the tenth time the Saint-Jean-Baptiste Missions (name given to all groups of Quebec) from February 15th to March 15th. We thank him warmly for doing this. The situation of Quebec and Ontario is different from the Maritimes in the sense that the Faithful of Quebec and Ontario are for the most part former parishioners of the Society of Saint Pius X who have a lot of good reasons to beware of the new direction taken by the said Society since at least 2012, when the Faithful of the Maritimes are people who have been deprived of the constant presence of a priest and who are asking mainly to have the true teaching of the Faith, the true Mass and the true Sacraments although many of them are not without sharing the same concerns concerning the future of the Society.

 

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Perspective for the future

We live in a very uncertain time and it is difficult to foresee what will be the future of the world and the Church, and, consequently, of our little missions. Whatever will happen, it is obvious that we must organize things as if the situation were to remain the same in the long run and even get worse and worse by the day. It seems that Moncton (Lakeville) be called to become a center where families will gather to fight together the good battle of the Faith. Will we be able one day to establish a little school to gather all children and protect them from public schools? God only knows, but we do not exclude this.

My plan was to buy first the church, and only after that a rectory, but, as stated above, it was not possible for several reasons to implement this plan, and we had to cease paying two rents as soon as possible, in order to stop throwing money by the windows. We therefore decided to buy St Michael Rectory. We still have a debt of approximately $60 000 on it and all donations are welcome. Once this debt is cleared, and a solution for the church in Moncton being found, it is certain that we will have to seriously consider the possibility of finding small churches for the Missions of Halifax in Nova Scotia and Charlottetown on Prince Edward Island.

 

Laus Deo

This year, June 3rd will be the feast of Corpus Christi. It will also be the second anniversary of my departure from the Society. On this occasion, we will have our usual procession of Corpus Christi, we will celebrate the First Holy Communions and the families of the Maritimes and elsewhere who wish to will be able to gather in Lakeville as the two previous years for a small parish feast. The Mass of this day will be celebrated in thanksgiving for the divine protection granted to us in the course of these last two years.

 

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Corpus Christi Procession 2017

 

Fifth anniversary of Our Lady of Joy Mission

September 12th, 2018, will be the 5th anniversary of Our Lady of Joy Mission in the Moncton area. I take advantage of this anniversary for some souvenirs : after one year (2012-2013) of monthly visits to the Maritime Provinces of Canada, that is visiting Miramichi, Halifax and Charlottetown, it was becoming obvious to me that the Faithful of these areas needed more spiritual help. I asked Father Jürgen Wegner, then district superior of the SSPX in Canada, if we could rent a small apartment in the Moncton area, because Moncton is at the center of these three Missions mentioned above. Father granted the necessary permission, at the condition that the Missions be able to pay the rent, and on September 12, 2013, Our Lady of Joy Mission was born. I remember that during this month of September 2013, on my way from Quebec to Moncton and on my way back to Quebec, two small statues of Notre-Dame de Liesse (Our Lady of Joy in French) were given to me by people I did not know. I saw this at the time as a blessing from Our Lady. The living room, the dining room and the kitchen were used as a chapel, the bedroom was also used as a sacristy and the lumber room was also a place where we were getting rid of our sins.

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Thus started Our Lady of Joy Mission in an apartment of Dieppe, NB

 

So we continued to come once a month to the Maritimes, but instead of staying four days, the visiting priests would spend up to ten days in the Maritimes. This allowed a fast growth of the Missions, and, after one year, it was becoming increasingly difficult to hold everybody in the living room, dining room and kitchen of the apartment for Sunday Masses. So we had to start using the chapel of a funeral home for Sunday Masses. After a couple months, the Archbishop of Moncton contacted the owner of the Funeral Home and asked him to kick us out. The owner had to comply in order not to get in trouble with his business. This forced us to find something else, and we started to rent the present chapel in August 2015, this church being a former United church building that had been bought by a neighbor who is delighted with having us there. The Faithful made kneelers and a confessional, added a shower to allow the priests to live there and insulated the attic to save some money on heating. Thus, the Bishop of Moncton had helped us to better our situation by his persecutions, and this happened everytime he did so since then. It will soon be three years that we rent this small church. This year, a sacristy was added that still needs some extra work. This sacristy has been made from former kitchen cabinets and will be easily movable if we have to.

 

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Our new sacristy under construction

 

Final word

I would like to close this little Newsletter by a few words of thanksgiving for the divine protection granted to us during the last two years. Praised be the Providence of God for having kept us in our Holy Faith, in spite of all difficulties that are linked to the present situation of the Church. The work is not lacking, and we pray the Good Lord and Our Lady of Joy to continue watching over each one of us, we need it so much.

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Father Nicolas Pinaud

Finally, Father Nicolas Pinaud is celebrating this year his twenty-fifth anniversary of priesthood. He was for me a constant support during the two last years. I am very grateful that he always stayed in contact with me since June 2016, in spite of the distance that separates us and the abundant work that he has in France, thus being a real confrere. This shows that we do not need to be part of a religious community to behave as confreres should, as we sing in the response of the third nocturne of the Common of Several Martyrs (not that we want to play the martyrs) : « This is the true brotherhood, impervious to all conflicts ». It is in the trial that one recognizes his true friends.

 

May the Lord bless you all and keep you!

Serve ye the Lord with gladness! Ps. 99

Father Pierre Roy

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