Abbé Niklaus Pflüger : «Une union purement pratique avec Rome […] ne serait pas seulement dangereuse, mais fausse».

Source : Media-Presse.Info

Il est toujours très réconfortant de lire des lignes d’une telle vigueur et d’une telle fermeté chez un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X ! En effet, voilà ce que pouvons lire sous la plume de l’abbé Niklaus Pflüger :

« Ni les attaques, ni les sanctions, ni les diffamations de la part de la hiérarchie officielle, ni même les circonstances de plus en plus difficiles pour mener de nos jours une vie vraiment chrétienne, n’ont pu empêcher l’oeuvre de la Fraternité de croître et de s’étendre.[…]»

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Voilà qui est clair, net et sans contorsion diplomatique quand il s’agit de résister courageusement aux manœuvres vaticanes qui veulent impressionner ceux qui s’opposent à la destruction de l’Eglise.

Mais notre cher abbé va plus loin encore lorsqu’il passe sur le plan de la doctrine et qu’il dénonce ceux qui abandonnent le combat pour une illusoire conversion romaine :

« Mais pour nous, plus que les attaques de l’extérieur, c’est notre propre faiblesse intérieure qui est à craindre. Car un combat prolongé est fatigant. Il est décourageant pour un petit groupe d’avoir constamment à se battre contre le courant tout-puissant des masses et de l’opinion publique. Pour Mgr Lefebvre il semblait logique que la crise de l’église allait durer longtemps et que nous avions à nous préparer à un long combat contre les doctrines modernistes.[…] Aujourd’hui […] on est fatigué, on en a assez d’être toujours différents et on aspire à l’unité, à la paix et à la tranquillité. C’est pourquoi il arrive régulièrement que certains prêtres, mais aussi des fidèles, qui avaient tenu bon, longtemps, dans la tourmente, deviennent soudain faibles et abandonnent le combat de la tradition – quelles que soient par ailleurs les raisons qu’ils invoquent. Ce fatalisme religieux conduit à une diminution progressive des exigences […] et un accord prématuré, soit une union seulement pratique avec Rome, sans faire intervenir les causes qui sont à l’origine de la crise de la foi, ne serait pas seulement dangereux mais faux. A combien de groupes et de communautés la hiérarchie officielle n’a-t-elle pas fait de promesses, et tous ont dû déchanter, et finir par accepter la nouvelle messe, accepter le concile Vatican II dans son ensemble, et même justifier « l’esprit d’Assise »

La conclusion de ce texte contre ceux qui croient encore que l’Eglise conciliaire pourrait « ménager » la FSSPX est sans appel :

« Une deuxième raison montre qu’il serait prématuré d’envisager un accord et une solution pratique avec Rome. Sous le pontificat actuel, l’église romaine s’est excusée dans une centaine de déclarations des « péchés » commis par l’église dans le passé. Mais ni le pape ni la majorité des cardinaux et des évêques ne semblent être en mesure d’avouer ouvertement qu’avec le concile, à la faveur d’une nouvelle théologie, une rupture a été opérée dans l’église, rupture qui a conduit à l’actuelle crise de l’église : perte de la foi, disparition des vocations, des institutions ecclésiastiques ; destruction de la liturgie, des églises, de l’identité de l’église, des missions. Bien entendu, un changement dans l’église n’améliorera pas tout d’un seul coup. Mais pour sortir d’une impasse, il faut reconnaître qu’elle existe. Ce qui ne semble pas encore être le cas. C’est pour cela que sans nous résigner à cette situation et sans vouloir non plus prendre des risques de façon prématurée, nous devons plutôt utiliser toutes nos forces pour rester fidèles à la vraie foi et pour accomplir nos devoirs de chrétiens avec un amour toujours plus pur. »

Oui, mais voilà, il faut que l’on vous le dise, chers lecteurs, ce texte date : il est de décembre 2003. Monsieur l’abbé Niklaus Pflüger n’était pas encore Premier Assistant Général et les effets délétères du pouvoir n’avaient pas encore produits leurs effets.

C’est ainsi, entre autres, que dans un entretien avec Kirchliche Umschau en  octobre 2012 il déclarait :

« Chez quelques-uns [les membres de la Fraternité qui refusent un accord pratique avec Rome] la longue durée de la séparation a pu conduire à des confusions théologiques. Fondamentalement ces gens opposent la foi au droit, et agissent, comme si l’union avec le pape, sa primauté n’étaient qu’une question de droit secondaire. C’est un grand danger qui se manifeste lorsque la légitimité du pape est séparée de la foi, et vue comme quelque chose de purement juridique. C’est finalement une vision protestante de l’Eglise. L’Eglise est visible. La Papauté est du domaine de la Foi. Nous aussi, catholiques fidèles à la Tradition, souffrons – en un double sens – de la crise. Nous participons à cette crise, même si c’est, à mon avis, d’une tout autre et bien meilleure manière. L’obligation d’œuvrer activement pour surmonter la crise, ne peut être contestée. Et cette œuvre commence chez nous, en voulant surmonter notre état canonique anormal. »

Depuis monsieur l’abbé Niklaus Pflüger s’est fait connaitre pour son enthousiasme à un accord pratique et uniquement pratique, n’hésitant pas à promouvoir les grandes purges des opposants avec la charité et la pondération que tous ont découvert à cette occasion. C’est ainsi qu’il écrivait le 5 janvier 2014 à l’abbé Fuchs, son ami d’enfance qui lui signifiait son impossibilité de le suivre dans la trahison qui se profilait :

« Ton esprit borné est encore moins capable de comprendre la portée de l’activité missionnaire et le sens de l’Eglise de notre fondateur. Il ne méprisait pas l’Eglise meurtrie, mais il l’aimait et pansait ses plaies, il n’y répandait pas du sel comme tu le fais, toi. Comme le dit Gertrud von Le Fort, en parlant de l’Eglise : « Aucun de ceux qui t’abandonnent, n’a jamais éprouvé qui tu étais ». Notre fondateur serait le premier à repousser ton argumentation et à être écœuré par une théologie aussi misérable. Contrairement à toi, il avait un grand amour de l’Eglise et a toujours soumis à l’Eglise son jugement personnel. »

Malgré cette attaque au bulldozer d’une charité éloquente, nous laisserons au Premier Assistant Général de la FSSPX la conclusion qui, elle, est toujours d’actualité :

« Gardons confiance et laissons Dieu décider à quel moment il mettra de l’ordre dans son sanctuaire et conduira l’Eglise à un renouveau. »

Christian LASSALE

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