Mgr Fellay aurait-il changé? – 2

Source : Medias-Presse.Info

Nous continuons aujourd’hui la publication du deuxième texte d’une série signée d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X.  Le premier a été publié le 30 mai dernier.

Christian LASSALE

 

Cette fois, je vous propose un entretien donné par Mgr Fellay le 30 mars 2003 à DICI, la revue officielle de la Fraternité Saint-Pie X. Mgr Fellay y revient sur la reconnaissance canonique de Campos, dont nous parlions déjà la semaine dernière.

« Cette forme canonique de Campos, dans l’abstrait, est splendide. C’est la concrétisation qui pose un sérieux problème ; le problème de fond est celui-ci – je schématise quelque peu : nous sommes en présence de deux camps opposés lesquels sont en conflit ; à un moment donné, l’un des camps avance une proposition de paix. Ainsi donc, Rome a proposé la paix en disant : « Ne considérons plus les problèmes de doctrine, c’est trop compliqué pour l’instant, orientons-nous vers une solution pratique ». Autrement dit, on laisse le problème, et on fait comme s’il n’existait pas. Ils ont appelé cela une solution. Et Campos a accepté. »

Rome ne voulait pas considérer les problèmes de doctrine… C’est effectivement passer à côté de l’essentiel ! Qu’en est-il aujourd’hui ? Je laisse encore la parole à Mgr Fellay qui affirmait dans un entretien, le 13 mai 2016 :

« Il [le pape] a affirmé qu’il considère la doctrine comme un obstacle dans les rapports avec les gens. Pour lui ce qui est important c’est la vie, la personne », et un peu plus loin « mais pour lui, la doctrine n’est pas si importante, l’homme, les personnes sont importantes, et là nous avons donné assez de preuves que nous sommes catholiques. Voilà son approche. » Un pape pour qui la doctrine n’est pas si importante ! « Il écoute certainement, mais je ne crois pas qu’il veuille parler de la doctrine. Alors nous parlons du salut des âmes et des moyens pour le faire. » Tiens, tiens… Attendez, que je me souvienne… « Autrement dit, on laisse le problème, et on fait comme s’il n’existait pas » !

Mais continuons notre lecture de l’entretien de 2003.

« Dans le concret, qu’est-ce que cela implique? Nous sommes en présence de deux groupes opposés qui, tout d’un coup, s’unifient et ne font donc plus qu’un. Forcément, l’un dominera l’autre. Celui qui domine, c’est le plus fort, et puisqu’en même temps il y a un mouvement de soumission à Rome, celui qui domine, c’est Rome, c’est l’Église actuelle. Cette Église actuelle est régie par des principes, par un ensemble disciplinaire qui fait aller l’Église dans une direction bien précise. Cette direction bien précise, c’est l’immense flou qu’on appelle l’esprit de Vatican II. Faire un accord tel qu’il a été fait implique qu’on se mette dans le mouvement de Vatican II, qu’on se mette dans ce flux qui meut l’Église conciliaire… L’évolution est spectaculaire. Une leçon s’en dégage: lorsqu’on se met volontairement et avec une volonté de non-défense dans un milieu complètement différent et même contraire à ses propres principes, on finit par avaliser les principes opposés. A Campos, il n’a pas fallu un an pour en arriver là. Ils ont fait en un an ce que la Fraternité St-Pierre a fait en dix ans… »

Eh oui… Ne plus vouloir se méfier de ce « milieu contraire à ses propres principes », n’est-ce pas une « volonté de non-défense », qui a été si fatale pour Campos ? Aujourd’hui, où en est Mgr Fellay ? Il nous dévoile ses dispositions dans l’entretien du 21 avril dernier, à propos de la lettre de Rome sur les mariages :

« Certainement, vous pouvez avoir différentes façons d’examiner ce texte : une manière positive ou une manière pessimiste. Mais, en regardant le Saint-Père, en considérant comment le pape François nous traite depuis un certain temps, il est très clair qu’il s’agit d’un pas bienveillant envers nous ; non pas un piège, un mauvais coup caché ou une mainmise. Non ! c’est une volonté que nous soyons traités correctement à tous les niveaux. »

Et d’assurer un peu plus loin qu’en cas de litige, il y aura « un  ultime recours du côté du pape » ! « Ultime recours » que recherchent toujours les Franciscains de l’Immaculée

Bon, revenons, pour finir, à notre texte de 2003. Mgr Fellay y répond à une question sur l’état de la Fraternité.

« La Fraternité ? Je la vois solide, je vois des tentatives très marginales mais dangereuses de vouloir faire croire que, subitement, c’est si facile de faire un accord avec Rome et que tout ira bien. C’est là une chimère, c’est vivre hors de la situation réelle de l’Église. »

Là non plus, rien n’a changé.

Un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X – 6 juin 2017

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