Dieu transcendant

Aux hommes c’est ingrat si leur Dieu les dépasse.

N’empêche, le Bon Dieu de très loin les surclasse !

 

Si jamais il y a un moment de l’année où il convient en particulier de contempler la souffrance et mort de Notre Seigneur Jésus Christ, c’est sûrement aujourd’hui, à la veille du Dimanche des Rameaux, juste avant la Semaine Sainte. Et chaque année cette contemplation devient plus nécessaire depuis 50 ans, parce que la souffrance de l’Église qui a éclaté avec Vatican II se fait toujours plus scandaleuse, toujours plus mystérieuse. Nous avons tous besoin de nous rappeler que Dieu est mystérieux, autrement dit qu’ Il dépasse infiniment nos petits esprits humains. « Car mes pensées ne sont pas les vôtres, ni vos voies les miennes. Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes pensées à Moi sont au-dessus des vôtres. » (Is. LV, 8–9).

Cette grande leçon nous est enseignée par le cinquième Mystère Joyeux du Rosaire, où à l’âge de douze ans Notre Seigneur a permis que sa Mère et St Joseph le perdissent pour leur rappeler qu’ Il devait s’occuper des choses de son Père. Sa Mère ne comprenait pas – « Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? » En effet, Il avait causé à ses parents humains trois jours d’anxiété intense – « Votre père et moi nous vous cherchions tout affligés. » Notre Seigneur leur répondit comme s’ils n’avaient eu aucune raison de s’affliger – « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux choses qui regardent Mon Père?» Mais leur anxiété avait été si intense que cette réponse n’était pas humainement compréhensible – « Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » Néanmoins au lieu de Lui poser encore des questions, Marie « conservait toutes ces choses en son cœur, » pour mieux pénétrer dans les raisons de Dieu, même si elle n’avait pu comprendre.

048e0f26414edf90c29d98e83886d565

Flagellation du Christ, Rubens

Au futur Chef de l’Église, Pierre sur laquelle elle serait bâtie, la même leçon des voies d e Dieu qui transcendent infiniment les nôtres devait être enseignée, même si plus rudement qu’à la tendre Mère de Dieu. Humain, par trop humain, Pierre reproche à Notre Seigneur Son audace pour avoir osé dire aux Apôtres qu’il montait à Jérusalem pour souffrir et mourir. La réponse de Notre Seigneur est mordante : « Retire-toi de Moi, Satan ! » et pourtant la réponse n’est pas essentiellement différente de celle qu’ Il a donnée à Sa Mère, « car tu ne goûtes pas les choses de Dieu, mais celles des hommes » (Mt. XVI, 21–23). Pierre venait d’être élu comme Pierre de l’Église (Mt. XVI, 16–18). A lui moins qu’à tout autre homme il ne pouvait être permis de penser plutôt humainement que divinement quand il devrait gouverner l’Église.

Pourtant Notre Seigneur reconnaît bien la pensée par trop humaine des hommes dès qu’il s’agit des choses de Dieu. Voilà pourquoi bientôt après avoir fait à Pierre ce reproche si dur, Il l’emmène avec Jean et Jacques sur le Mont Tabor pour que Sa Transfiguration y permît à Sa divinité de paraître tout éblouissante à travers Son humanité. Cela permettrait aux Apôtres d’être secoués jusqu’à la moelle par le déicide atroce qui aura lieu à Jérusalem, mais trois d’entre eux pourraient rendre témoignage de ce qu’ils auraient vu de leurs propres yeux, même avant la Passion, de la divinité qui brillait comme le soleil du dedans de l’homme crucifié sur le Calvaire (cf. II Pierre I, 16–18).

Et de nos propres jours ? Les Catholiques savent que l’Église est la continuation sur terre de la vie Incarnée du Christ sur terre, et donc en principe ils savent de même que tout comme les 33 ans du Christ se sont terminés par Sa Passion et Mort, de même l’Église Militante peut prendre fin sur terre en saignant de toutes ses blessures jusqu’à ce qu’elle soit virtuellement éteinte. Néanmoins, voir ceci en réalité arriver sou s ses yeux est apte à secouer la foi de maint brave croyant – « Mais comment est-ce possible que ces Papes-ci, ces Cardinaux et ces Évêques constituent l’autorité de Dieu dans la structure de Son Église ? » Bien sûr, ils n’en sont pas en général les représentants dignes, mais où ailleurs trouve-t-on ceux qui constituent sa structure ? Patience. Même traîné au Calvaire, c’était Dieu. Même traîné dans le Nouvel Ordre Mondial, c’est Dieu. Mais Il n’a pas encore dit Son dernier mot !

 

 Mgr Williamson, Commentaire Eleison no 508

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s