L’infaillibilité du Souverain Pontife 5 – Conclusion pratique – Fin

CONCLUSION PRATIQUE

Désormais la définition est faite. Il ne reste plus aux catholiques qu’à s’incliner ; mais cette définition a-t-elle été un bien ou un mal ?… Et d’abord, était-it besoin de la porter ?

Non seulement il en était besoin, mais c’était une véritable nécessité. Après tout le bruit qui s’était fait contre l’infaillibilité du Pape, la définition de la vérité n’était pas seulement opportune, elle devenait absolument nécessaire. Et, même en dehors de cette considération, elle était sous beaucoup de rapports très opportune et très utile pour le bien de l’Église. Avant la définition, on pouvait la discuter de bonne foi; mais aujourd’hui la question de son opportunité est tranchée, tout aussi bien que celle de sa vérité. Le Concile, assisté par le Saint-Esprit, a parlé : qui osera dire que sans doute il a défini un dogme important révélé de Dieu, mais qu’il eût fait plus prudemment de se taire et de laisser l’erreur se propager ?

 

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Le pape Pie IX proclamant le dogme de l’Immaculée Conception

 

Toutefois cette bienheureuse définition a fait naître la discorde et les contradictions. Voyez la conduite de certains gouvernement, voyez la secte de ces nouveaux hérétiques qui se donnent le nom de Vieux-Catholiques ?

Tant pis pour eux; c’est leur faute. Il n’est que trop vrai qu’il faut qu’il se produise des scandales pour faire discerner les vrais catholiques des faux. D’autres Conciles aussi et d’autres définitions ont soulevé des contradictions même plus violentes, et des révoltes plus redoutables encore. Jésus-Christ fut salué dans le temple par le saint vieillard Siméon comme un signe de contradiction : ainsi en est-il de son Vicaire ici-bas. La faute en est tout entière à ceux qui tournent à leur ruine une définition qui, pour eux aussi, eût été un instrument de salut s’ils avaient su s’incliner humblement devant elle, au lieu de se briser la tête contre la pierre que Jésus-Christ lui-même, pour le bien de son Église, a déposée dans ses fondements.

 

Oui, l’Infaillibilité est un beau privilège pour celui qui est chargé d’enseigner la vérité au monde : mais elle pèse lourdement sur ceux qui doivent se soumettre à ses définitions.

Ne parlez pas ainsi. Ce n’est pas pour son avantage que le Pape a reçu l’lnfaillibilité, mais pour le bien des fidèles. Et n’est-ce pas en effet un bien inappréciable pour le monde, que de posséder une chaire de vérité, une autorité infaillible qui lui enseigne la foi et la morale?

 

Soit! Mais en donnant tant de relief à ce principe d’autorité infaillible, vous supprimez la liberté de la science, la liberté du progrès, la liberté de la civilisation moderne, la liberté de la raison ?

Laissez donc là toutes ces libertés! c’est de la licence qu’il s’agit et de la licence de l’erreur. Est-ce que cette licence-là vous parait un bien ? Et n’est-ce pas au contraire un grand bien pour la science, pour le progrès, pour la civilisation que d’avoir un docteur vivant, qui, au nom de Dieu, combatte l’erreur et enseigne la vérité sur tout ce qui touche à la foi et à la morale. Et certes, que cela ait été solennellement défini, c’est un immense avantage pour la foi et pour la raison, pour les particuliers et pour les peuples, pour l’Eglise et pour la société tout entière.

 

Je conçois que la définition étant portée, il ne nous reste plus qu’à nous soumettre aux décisions du Pape par amour ou par force.

Par amour, seulement par amour! l’obéissance des catholiques aux enseignements du Pape doit être entière, spontanée, affectueuse, filiale. La définition de l’infaillibilité nous oblige à la reconnaissance envers Dieu, qui nous a donné un Pasteur infaillible dans la foi et dans la morale; à la reconnaissance envers le Concile qui nous a mieux fait connaître ce grand bienfait de Dieu; à la soumission, au dévouement, à l’amour envers le Pape et la chaire de saint Pierre, qui est la chaire de la vérité; enfin, à un amour particulier envers Pie IX, le Pontife infaillible de la Vierge Immaculée, qui, après avoir glorifié Marie en définissant son Immaculée Conception, a vu le Concile du Vatican définir l’infaillibilité pontificale.

Ce sont là les fruits qu’avec la grâce de Dieu j’espère avoir recueillis des instructions
que j’ai entendues sur l’Infaillibilité du Pape.

Imprimatur : E. A. Archpus Quebecen.

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