Lettre à un pape miséricordieux

Préambule de l’auteur

Je pensais que vous, Michael Matt, [éditeur en chef de The Remnant] pourriez être intéressé par le texte ci-joint. C’est une satire d’un très vieux prêtre traditionnel (84 ans) qui est fondamentalement «fatigué» de toutes les bêtises qu’il entend, à savoir qu’avant que le Pape François n’apparaisse, l’Église Catholique n’avait pas de miséricorde. C’est assez insultant pour ceux d’entre nous qui ont passé plus de 40 ans à travailler durant ces années (apparemment) terribles qui ont précédé Vatican II. Le texte est totalement satirique, mais néanmoins complètement vrai. J’ai écrit pendant toute ma vie et donc j’espère que je suis encore «intact cognitivement», façon polie de dire : «Je ne suis pas fou!»

Que Dieu bénisse tous ceux qui travaillent chez le très célèbre The Remnant. Il m’a été présenté la première fois par un merveilleux paroissien il y a plus de 35 ans. C’est The Remnant et la grande trilogie de Michael Davies qui m’a aidé à trouver mon chemin et a réellement sauvé ma Foi. Je prie pour tous les Défenseurs de la Foi sur le Web à chaque matin pendant ma messe.

Père Senectutus

Merci, Saint Père François,

À la fin de cette précieuse Année de la Miséricorde, nous, les prêtres plus âgés, dont beaucoup ont passé plus de quarante ans à travailler dans la vigne du Seigneur, avons décidé d’exprimer notre profond sentiment de gratitude pour la vision profondément nouvelle que vous nous avez donnée dans les années de notre crépuscule.

Même si nous avons travaillé sans l’aide des laïcs : pas de ministres extraordinaires de l’Eucharistie, pas de lecteurs, pas de laïcs pour donner la Sainte Communion dans les hôpitaux et les foyers de personnes âgées, pas de diacres, pas de conseils paroissiaux, pas de comités liturgiques, de fait, pauvres nous, nous avons travaillé souvent jusqu’à ce que nous tombions, mais nous voyons maintenant que tout cela n’avait pas de sens. Vous, cher Saint-Père, vous nous en avez bien précisé la raison : nous n’avions pas de miséricorde. Nous demandons humblement pardon pour nos vies; Dieu merci, les prêtres qui viennent après nous ne feront pas les mêmes erreurs que nous.

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Vous voyez, le problème était que la Miséricorde, en tant que telle, était inconnue dans le sacerdoce jusqu’à ce que vous nous éclairiez. Nous, des guides aveugles et stupides, ne faisions que travailler et travailler, sans le crier sur les toits, en grande partie dans l’incognito, des souffrants inconnus, sans partenaire féminin ou masculin pour nous réconforter, et pensions que nous suivions le Christ et vivions comme Il le voulait. Combien stupides nous étions! Mais enfin, vous êtes venu sur le trône, Saint-Père, et vous nous avez montré à quel point nous étions tout de travers. Vous nous avez mis sur le droit chemin ! Merci au Ciel pour cela !

Nous vous en sommes très reconnaissants. Cela signifie que lorsque nous avons dû confesser jusqu’à quatre ou cinq rangées de personnes, nous avions complètement tort. Nous avons donné des conseils contre le péché, pensant que c’était une œuvre de miséricorde. Encore une fois, faux ! Vous nous avez montré que nous ne devons pas juger en aucune façon. Nous avons pensé que nous étions miséricordieux, en ne jugeant pas, mais vous avez clairement indiqué à quel point nous étions mal avisés. S’il vous plaît pardonnez-nous pour notre stupidité; nous avons tout eu faux.

Je pense que nous avons tous trouvé que l’interruption constante du sommeil, pour répondre aux appels d’urgence dans les hôpitaux et les maisons de soins infirmiers quand une personne mourait, était très difficile. Plusieurs d’entre nous devaient être tous les jours debout très tôt pour la première messe de la journée à laquelle assistait habituellement une très grande foule d’ouvriers qui voulaient assister à une messe avant de partir travailler. Maintenant, nous voyons — à travers votre enseignement éclairant — que nous avions tort. Vous nous avez enfin révélé que tout ce souci au sujet des Sacrements était en réalité le contraire de la miséricorde; c’était vraiment porter un jugement. Car évidemment nous pensions que les gens n’étaient pas en état de se présenter au Jugement du Seigneur. Dieu merci, vous nous avez montré que nous aurions dû rester au lit; nous n’étions manifestement pas motivés par la miséricorde.

Je suppose que nous pourrions dire, par légitime défense, que nous avons pensé que nous étions miséricordieux, mais c’est vrai, nous nous souciions beaucoup trop du péché; nous avons pensé que c’était parce que nous ne voulions pas que nos paroissiens que nous avons vraiment aimés, — je parle pour nous tous —  finissent en enfer. (Je vous demande pardon, Sainteté pour avoir mentionné ce mot, cela offense les gens aujourd’hui, je m’en rends compte maintenant.) De nouveau, Sainteté, vous avez montré, même en ce qui concerne ce « lieu », combien nous étions égarés. Vous avez montré clairement qu’il n’y a pas de péché du tout — à l’exception, peut-être, de ne pas croire à ce Christ dont les paroles et l’enseignement continuent à évoluer avec le temps.

Nous avons pensé — si naïfs que nous étions — qu’une telle vision était celle des Luthériens et que c’était une erreur, mais vous nous avez clairement indiqué qu’ils avaient raison, pas nous. C’est logique, bien sûr, quand on y pense. On les appelait les Réformateurs, n’est-ce pas ? Donc, ils doivent avoir raison.

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Nous, en effet, de notre manière si terne, si cruelle et manquant tant de miséricorde, pensions que quiconque ne vivait pas selon les Paroles du Christ dans sa vie quotidienne était en danger, mais vous avez indiqué que tout ce qui est nécessaire, c’est d’être «spirituels» et «inclusifs». Nous, étant si vieux maintenant, avons du mal à comprendre ce que ces termes signifient réellement. Comme il n’y a pratiquement pas de Chrétiens qui pratiquent leur Foi maintenant, nous réfléchissons à la signification de ces mots alors que nous nous enfargeons dans nos déambulateurs. Le fait que nous essayions de comprendre doit signifier, Saint-Père, que notre cas n’est pas sans espoir, n’est-ce pas? S’il vous plaît, dites-nous que c’est vrai !

Nous avons beaucoup prié, Saint Père : prié pour nos gens, pour tous leurs problèmes, mais ce n’était évidemment pas une chose miséricordieuse à faire non plus. Nous ne pouvons que nous excuser pour cela; nous ne savions pas mieux faire. S’il vous plaît, Sainteté, intercédez pour nous au Jugement car nous avons été induits en erreur. Le fait que la plupart d’entre nous ont des problèmes graves de genoux et même les genoux re-structurés ou refaits, à la suite de notre sottise, est un châtiment approprié pour avoir fait tout faux. Je vois maintenant que c’est un jugement de Dieu sur nous.

Nous avons prié pour nos glorieux religieux aussi, mais, étrangement, les quelques-uns qui restent se sont tournés eux aussi contre nous. Nous avons dû nous tromper à leur sujet aussi. Nous avons loué ces merveilleux religieux qui ont passé la plus grande partie de leur vie dans des endroits horribles, même dans des colonies de lépreux, contractant souvent eux-mêmes de nombreuses maladies tropicales. Je pensais qu’ils étaient des héros, mais, à en juger par ce que les religieux disent maintenant à propos de tout ce travail précédent, évidemment, ces vieilles religieuses et ces vieux religieux sont tout aussi perdus. Nous avons réellement pensé que la prise du Saint Habit religieux était un aperçu de la Gloire du Ciel mais, par vous, nous nous sommes enfin rendu compte que la vie religieuse elle-même n’a pas d’importance du tout, sauf si elle enseigne le marxisme aux non informés dans des vêtements de marque et des coiffures coûteuses.

Nous sommes tous désolés, Sainteté, il est trop tard pour recommencer.Vous auriez dû arriver plus tôt pour nous conduire sur la bonne voie, car nous tous, évidemment, n’avions aucune miséricorde du tout et aucune attention pour les parias, les malades, les mourants, les pauvres et les étrangers. Nous avions totalement tort dans tout. Nous voulons simplement que vous sachiez que nous vous avons écouté attentivement; c’est ainsi que nous avons discerné nos terribles erreurs et que nous voulons les faire connaître à tous afin que les jeunes ne tombent pas dans les mêmes fautes que nous.

Nous avons également pensé que nos missionnaires — prêtres, religieuses et frères — étaient les troupes de première ligne dans la guerre des âmes, mais vous avez souligné avec insistance que le fait de faire du prosélytisme n’est pas un acte de miséricorde; c’est un péché! S’il vous plaît, pardonnez-nous, nous ne le savions pas! François Xavier aurait dû être excommunié, non canonisé, le méchant!

Vous avez, à juste titre j’en suis sûr, raillé notre manque de miséricorde à l’égard des réfugiés, des migrants. Votre Sainteté, à un moment donné, beaucoup d’entre nous ont lutté désespérément pour apprendre quelques mots d’italien, de grec, de maltais, d’allemand et de la langue de tous ceux qui sont venus dans notre pays. Nous avons voulu faire cela afin de pouvoir prononcer quelques phrases pour qu’ils se sentent les bienvenus, mais ces réfugiés étaient des Catholiques, alors je ne pense pas que cela puisse être considéré comme une miséricorde, n’est-ce pas?

Il est vrai que l’Islam est effrayant, mais nous ferons de notre mieux pour changer notre attitude à l’égard de cette religion maintenant que vous nous avez assuré qu’il s’agit d’une «religion de paix» et que vous manifestez votre préférence pour les Musulmans, partageant même votre avion avec eux. C’est si gentil de votre part! J’espère que les Chrétiens du Moyen-Orient, en fuyant leur pays d’origine, apprécieront votre merveilleux exemple et essayeront de vous imiter.

Votre Sainteté, parlons d’argent pour un moment car nous savons que vous nous exhortez constamment à être comme les pauvres. Nous, les prêtres, nous ressemblions vraiment aux pauvres, nous ne recevions qu’un petit salaire dans ces mauvais jours et il était très difficile de trouver l’argent pour tous ceux qui venaient à la porte du presbytère, mais nous avons essayé, Sainteté, nous avons essayé. Nous avons réellement pensé que c’était un acte de miséricorde; apparemment, nous nous sommes trompés à nouveau. Il est si difficile de savoir ce qui est bon ou mauvais, n’est-ce pas?

En ce qui me concerne, j’ai personnellement essayé de mettre en ordre des centaines de documents juridiques, y compris de refaire des documents de mariage, pour les pauvres Vietnamiens qui ont été secourus par l’Australie lorsque le sud du Vietnam a été envahi par les Communistes. Les pauvres gens venaient ici sans papiers. Je suppose, cependant,  cela ne comptait pas : je n’avais aucune miséricorde pour ces gens; j’étais juste légaliste, essayant de leur procurer un certificat de mariage afin qu’ils puissent obtenir un emploi et les prestations de bien-être! Je saurai faire mieux si la situation se présente à nouveau, Sainteté, je vous le promets.

Nous, les pauvres idiots séniles de notre temps, avons réellement cru que l’avortement était un crime terrible. Nous croyions que c’était un bon moyen d’empêcher les femmes de suivre cette voie en leur disant que l’Église considère ce crime comme si grave qu’il faut un Évêque pour absoudre ce péché car il implique le meurtre d’un enfant innocent. Dieu merci, Sainteté, vous avez clairement dit que ce n’est pas un crime si grave et que tout prêtre peut maintenant l’absoudre.

De même, avec un prêtre qui sollicite des partenaires sexuels dans le confessionnal; nous avons pensé que c’était aussi un péché effrayant, mais vous, encore, nous avez montré le vrai chemin vers la Justice. Merci encore pour cette grande perspicacité, Sainteté, et pardonnez-nous pour notre manque de compassion envers ces prêtres affamés de sexe. Il est merveilleux que n’importe quel prêtre puisse maintenant absoudre ce péché. J’avais compris que c’était seulement supposé être l’un des mille Missionnaires de la Miséricorde qui pouvait absoudre ces péchés spéciaux. Mais comme personne n’a jamais vu ces prêtres, alors évidemment n’importe quel prêtre peut absoudre ces péchés. Merci pour ça; c’est une véritable miséricorde et un grand soulagement pour les pédophiles.

Nous, Sainteté, je vais vous le dire honnêtement, avons souvent lutté désespérément pour ne pas laisser échapper — par la moindre allusion — ce que nous avons entendu dans le Confessionnal puisque nous pensions que c’était un péché terrible et un manque de miséricorde envers le pécheur. Mais maintenant, vous nous avez épargné de nous inquiéter à ce sujet. À moins de ne pas laisser échapper un scandale juteux, nous pouvons maintenant nous sentir libres de ne pas nous inquiéter à ce sujet; tout prêtre peut réparer ça. C’est une grande miséricorde pour nous, il n’y a pas d’erreur; je suis par contre un peu inquiet, Sainteté quant à savoir si c’est de la miséricorde pour le pécheur? Vous pouvez nous le dire clairement lors de votre conférence de presse à l’occasion de votre prochain voyage en avion; nous vous en serions très reconnaissants.

La plupart d’entre nous sommes maintenant octogénaires et il ne nous reste plus beaucoup de temps à vivre. J’ai pensé à cela quand j’ai décidé de vous écrire. Vous êtes un homme si occupé et avez tout un carrousel de rencontres avec des religions exotiques. J’ai pensé que je ne pourrais pas mourir avant de soulager ma conscience et vous exprimer ma gratitude pour votre inspiration nouvelle dans la vision du Christianisme et de notre Foi Catholique elle-même.

J’espère que je ne vous ai pas offensé en mentionnant la Foi «Catholique»; je voulais être inclusif et non exclusif. Je vous fais confiance, dans votre miséricorde, vous me pardonnerez ce glissement. Je suis un très vieil homme, et nous devenons tout à fait idiots quand nous vieillissons, vous savez. Voyez-vous, nous, les vieux, avons cru autrefois que la Foi Catholique était le plus grand cadeau de miséricorde dans le monde entier. Cependant, nous savons maintenant que nous étions complètement dans l’erreur; vous avez rendu cela si clair pour nous, Saint-Père. Pour cela et toutes les autres choses que vous avez faites, nous vous remercions … S’il vous plaît, Saint Père, ayez miséricorde envers nous.

Père Senectutus (retraité)

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