L’infaillibilité du Souverain Pontife – 4

DIFFICULTÉS RATIONNELLES HISTORIQUES

Vous m’avez bien expliqué ce que c’est que l’Infaillibilité du Pape et ce qu’elle n’est pas : ce qu’elle embrasse et ce qui est en dehors d’elle, et vous avez résolu quelques-unes des objections qu’on lui oppose. – Je veux vous en soumettre quelques autres encore, pour m’assurer si vous êtes bien en état de répondre à toutes les erreurs que l’on propage à ce sujet. – Que répondriez-vous donc à celui qui vous dirait que Dieu seul est infaillible et que tout homme est sujet à l’erreur ?

Certainement Dieu seul est infaillible par sa nature : mais c’est lui précisément, ce Dieu infaillible qui, selon ses promesses, assiste son Vicaire pour le préserver de l’erreur, et lui communiquer un rayon de son infaillibilité. C’est ainsi que Dieu seul peut opérer des miracles; seul il voit l’avenir; et pourtant d’innombrables saints, par un don spécial, n’en ont pas moins opéré des miracles et fait des prophéties.

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Statue de Saint Pierre à Rome

A la bonne heure ! Mais il subsiste toujours cet argument que tout homme est sujet à l’erreur et qu’il en doit être de même du Pape ?

Quand il parle comme homme, oui; quand il parle comme Pape, au nom de Dieu, non! car alors ce n’est pas l’homme, c’est Dieu qui parle par sa bouche. Il faut toujours en revenir à cette promesse de l’assistance du Saint-Esprit, de l’Esprit de Vérité, pour comprendre que le Pape ne peut tomber dans l’erreur, quand il enseigne la foi et la morale à l’Eglise.

 

Mais vous-même vous avez accordé que le Pape n’est pas impeccable; en somme, le Pape est homme et soumis à toutes les faiblesses humaines. Ne pourrait-il donc arriver qu’en dictant une définition de foi ou de morale il se laissât guider par quelque passion, ou qu’il mît du caprice et de la légèreté dans son enseignement ?

Non; car Dieu, qui a promis au Pape l’infaillibilité, ne peut permettre que par passion, par caprice, par défaut d’étude, il fasse jamais une définition erronée. Nous en revenons toujours à ce point : l’infaillibilité ne tient ni à la vertu ni à la science de l’homme; elle dépend de l’assistance de Dieu, qui n’exclut pas cependant l’étude et les recherches la Théologie.

 

Très bien : mais il n’y a pas de raisonnement qui puisse prévaloir contre les faits. Vos raisons sont excellentes : néanmoins l’histoire est là pour démontrer que, malgré leur infaillibilité, quelques Papes sont tombés dans l’erreur.

Sont tombés dans l’erreur en donnant à l’Église des enseignements sur la foi ou sur la morale!…  0h! non! Jamais!! – C’est ici le point capital. Tout ce qu’on a dit et répété au sujet d’autres chutes, d’autres méprises des Papes, vraies ou fausses, n’a rien à faire dans la question qui nous occupe. Parmi toutes ces définitions, émanées des Papes, qu’on cherche une définition fausse, une définition concernant la morale ou la foi qui ait dû être rétractée ou réformée par son auteur lui-même, ou par ses successeurs ou par l’Eglise : on ne la trouvera pas. Vous découvrez dans l’histoire quelque trait qui accuse la conduite des Papes; mais un fait, un seul fait qui aille contre leur infaillibilité dans les définitions doctrinales en matière de foi ou de mœurs, ce fait est encore à découvrir et à démontrer. L’histoire nous apporte donc une magnifique confirmation de la doctrine de l’infaillibilité récemment définie par le Concile du Vatican.

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