Catéchisme du Concile de Trente 4 – Les Commandements sont faciles à observer

Troisième partie du Catéchisme — DU DECALOGUE

Chapitre 28 — Des Commandements de Dieu en général

Motifs d’observer les commandements

 

Les commandements sont faciles à observer

Ce n’est pas assez; le Pasteur devra faire voir aussi que cette Loi n’est pas difficile à accomplir. Il lui suffira pour cela d’apporter cette raison donnée par Saint Augustin[1] : « Comment, dit-il, peut-il être impossible à l’homme d’aimer son Créateur qui le comble de tant de biens, d’aimer un père qui l’a tant aimé, d’aimer sa propre chair dans ses frères ? Or, celui qui aime accomplit la Loi.[2] » C’est ce qui faisait dire à l’Apôtre Saint Jean : «Les Commandements de Dieu ne sont point pénibles.[3] » En effet, dit à son tour Saint Bernard, « on ne pouvait exiger de l’homme rien de plus juste, rien de plus digne, rien de plus avantageux pour lui.[4] » De là aussi cette exclamation de Saint Augustin, admirant la Bonté infinie de Dieu : « Qu’est-ce que l’homme, ô mon Dieu, pour que Vous lui ordonniez de Vous aimer, et que Vous le menaciez des plus grands châtiments, s’il ne Vous aime pas ? n’est-ce pas déjà un assez grand châtiment de ne Vous aimer pas ?[5] »

Si quelqu’un s’excusait de ne pouvoir aimer Dieu, en alléguant la faiblesse de sa nature, il faudrait lui apprendre que Dieu, qui exige que nous L’aimions, allume Lui-même le feu de son Amour dans nos cœurs par le Saint-Esprit[6], et que le Père céleste communique toujours cet esprit de bonté et d’amour à ceux qui le demandent[7]. Saint Augustin avait donc bien raison de dire : « Seigneur, donnez-moi tout ce que Vous exigez, et exigez de moi tout ce que Vous voulez.[8] » Ainsi donc, puisque Dieu est toujours disposé à nous aider, surtout depuis que son divin Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous, et a chassé loin de nous par sa Mort le prince des ténèbres, personne ne peut plus s’écarter de la Loi de Dieu par la difficulté de l’observer. II n’y a rien de difficile pour celui qui aime.

 

champaigne_philippe_de_-_saint_augustin_-_1645-1650

Saint Augustin, par Philippe de Champaigne, 17ème siècle

Commentaires

Ce passage du Catéchisme du Concile de Trente est absolument magnifique. Nous considérons souvent la Loi de Dieu comme un fardeau pesant qui limite notre liberté. Ils ne sont pas rares les chrétiens qui portent avec tristesse les Commandements de Dieu et qui cherchent toujours les limites de ce qui peut ou ne peut pas être fait. Si nous cherchons à ne faire que le minimum qui est demandé de nous, nous faisons, hélas, partie de ces chrétiens.

Comment peut-il être impossible à l’homme d’aimer, dit saint Augustin. Dieu a mis dans le cœur de l’homme une telle capacité d’aimer, qu’ils seront condamnés ceux qui n’auront pas été capables de Lui donner de l’amour. À chaque fois que nous péchons, nous limitons notre amour à nous-même. Nous appelons cela l’égoïsme. Tout péché est égoïsme. La vertu, au contraire, est don de soi-même. Sommes-nous capables d’aimer Dieu et le prochain au point de nous oublier nous-même? C’est la question que nous devrions nous poser dans les tentations.

Pourquoi, dit encore saint Augustin, Dieu a t-il besoin de nous punir quand nous commettons le péché ? N’est-ce pas une punition suffisante de ne pas aimer Dieu ? Tout homme qui n’a pas aveuglé son esprit et son cœur par l’habitude du péché, peut sentir combien de tristesse et d’anxiété le péché lui apporte, et, au contraire, combien de paix et de joie il ressent quand il marche dans le droit chemin.

Quand quelqu’un aime Dieu d’une manière véritable et le prochain comme lui-même par amour de Dieu, il peut être dit en toute vérité que c’est Dieu lui-même qui aime en lui. Dieu, faisant sa demeure dans le cœur des chrétiens, fait d’eux la lumière du monde.

Un manque de prière est toujours à la base de nos chutes. Celui qui prie sera sauvé, dit saint Alphonse de Liguori. Cela signifie que celui qui prie recevra infailliblement les grâces dont il a besoin pour observer les Commandements de Dieu. Cela signifie aussi que celui qui ne prie pas, ne recevra pas les grâces dont il a besoin, trouvera les Commandements de Dieu difficiles à garder, et en définitive, se perdra certainement.

 

En pratique

Réfléchissons à la façon dont nous faisons nos prières du matin et du soir.

Prions-nous le chapelet tous les jours ?

Choisissons-nous pour cela un bon moment de la journée, ou le repoussons-nous toujours au dernier moment, quand nous sommes trop fatigués pour bien prier ?

Prions-nous le chapelet en famille ?

Demandons-nous à Dieu tous les jours de nous donner les grâces de garder ses commandements et de trouver notre joie à les observer ?

 

 

[1] Serm. 67 de temp.

[2] Rom. 13,8

[3] I John, 5,3

[4] Liber De Diligendo Deo, cap. 1

[5] Confess. Lib. 1, c. 5

[6] Rom. 5,5

[7] Luke 11,13

[8] Confess. Lib. 10, c. 29, 31 and 37; De Dono Persever. C. 20

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