L’infaillibilité du Souverain Pontife – 2

Cette deuxième partie du Catéchisme sur l’Infaillibilité du Souverain Pontife montre clairement que le dogme de l’Infaillibilité du Pontife romain n’est pas nouveau dans l’Eglise. Il s’agit simplement de la définition d’une vérité toujours crue dans l’Eglise.

Cette vérité est très utile à connaître, parce que si l’Infaillibilité du Souverain Pontife était quelque chose de nouveau, alors l’histoire de l’Eglise ne pourrait pas nous donner des indications sur la façon dont nous devons comprendre l’Infaillibilité du Souverain Pontife.

Au contraire, puisque cette vérité a toujours été crue dans l’Eglise, alors en regardant l’histoire de l’Église, nous comprendrons mieux ce que l’Eglise entend par l’Infaillibilité du Souverain Pontife.

 

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St Léon le Grand – Lors du Concile de Chalcédoine, quatrième Concile Oecuménique, après la lecture du Tome à Flavien de St Léon Ier, pape, l’assemblée se lève et s’écrie : « C’est Pierre qui parle par la bouche de Léon! »

 

LA DÉFINITION EST NOUVELLE LE DOGME N’EST PAS NOUVEAU

L’Infaillibilité du Pape uni aux évêques, ou l’Infaillibilité de l’Eglise est un dogme ancien et reçu de tout temps; mais cette infaillibilité du Pape, indépendamment du consentement et de l’autorité des évêques, n’est-elle pas, comme on le prétend, un dogme nouveau ?

La définition est nouvelle le dogme n’est pas et ne peut pas être nouveau. Le dogme est ancien autant que l’Evangile, où il est dit : – que Jésus-Christ établit Pierre comme fondement de l’Eglise et Pasteur universel : – qu’il pria pour que sa foi ne défaillît jamais : – qu’il lui donna le privilège de confirmer ses frères dans la foi.

Or, il est évident que si les décisions du Pape avaient besoin d’être examinées et confirmées par les évêques, le fondement, au lieu de soutenir l’édifice, serait soutenu par lui ; – le pasteur, au lieu de guider et de paître les brebis, serait conduit par elles ; – Pierre, au lieu de confirmer ses frères, serait confirmé par eux dans sa foi.

Le dogme est donc aussi ancien que l’Evangile lui-même.

 

Mais anciennement cette infaillibilité a-t-elle aussi été reconnue par l’Eglise ?

Elle a toujours été reconnue d’une manière plus ou moins expresse, et dans son enseignement et dans sa pratique. Les papes ont donné leurs définitions, comme infaillibles, immuables et sans appel; les SS. Pères, les Evêques, l’Eglise entière a toujours vénéré l’infaillible autorité de la chaire de Pierre dans l’enseignement de ses successeurs, bien qu’elle ne fût pas encore définie comme un dogme de foi.

 

Pourquoi donc l’Eglise n’a-t-elle pas défini plus tôt cette infaillibilité du Pape?

Plus tôt, il n’en était pas besoin : c’ est de nos jours que cette définition est devenue opportune. Ce dogme (comme celui de l’Immaculée Conception de Marie) a passé par trois phases distinctes. D’abord il est admis pendant des siècles, surtout dans la pratique, simplement, sans discussions ni recherches. Puis, vint une période de doutes et de controverses, d’opposition dans le sein même de l’Eglise, de la part des fidèles que l’on appela Gallicans : mais l’Eglise, avec une énergie mêlée de suavité, ne cessa de repousser de toute manière cette erreur et d’éclaircir toujours davantage la vérité, jusqu’au moment où elle crut devoir enfin la définir solennellement. – Désormais, pour tous les catholiques, c’est une vérité de foi.

 

Mais la vérité, mais la foi, n’est-elle donc pas toujours la même?

Le soleil aussi est toujours le même en soi; mais, par rapport à nous, sa lumière croît jusqu’à midi. L’infaillibilité du Souverain Pontife fut toujours en soi une vérité mais, par rapport à nous, elle a développé graduellement sa lumière, jusqu’au Concile du Vatican, où elle a atteint par sa définition dogmatique le plus haut degré de sa splendeur. Et, par suite, nier l’infaillibilité du Pape a toujours été une erreur, mais ce n’était pas une hérésie, comme ce le serait aujourd’hui, parce que l’Eglise ne l’avait pas suffisamment proposée à notre foi, comme vérité révélée de Dieu, ainsi qu’elle vient de le faire dans ce Concile, le premier qui se soit réuni depuis les grandes controverses soulevées à ce sujet.

 

Mais aussi ce Concile du Vatican sera le dernier des conciles. En effet, s’il est de foi que le Pape est de soi infaillible et peut décider les questions de doctrine de sa seule autorité apostolique, à quoi bon de nouveaux conciles ?

Des Conciles peuvent être nécessaires encore pour bien des raisons; mais cette nécessité ne sera jamais absolue : et il devait en être ainsi pour le bien de l’Eglise. Et, de fait, avant cette définition, les Papes ont, sans Concile, quand il en a été besoin, défini des vérités et condamné des erreurs. Et, de nos jours surtout, où l’erreur court et se répand avec tant de rapidité, c’est un grand avantage que, pour la voir infailliblement condamnée et la vérité proclamée avec la certitude de la foi, nous ne soyons pas obligés d’attendre (combien de temps, Dieu le sait) la réunion d’un Concile ou l’assentiment des Evêques dispersés de l’Eglise entière, et qu’il suffise de la voix du Vicaire de Jésus-Christ, Pasteur et Docteur universel.

 

On dit pourtant que dans ce Concile les évêques se sont dépouillés de leur autorité, pour donner au Pape une autorité nouvelle ?

Une autorité nouvelle? Mais le Concile ne lui a absolument rien donné. Cette autorité, le Pape l’avait et l’exerçait, et l’Eglise entière la reconnaissait de fait. Le Concile par sa définition, s’est borné à reconnaître solennellement, comme dogme de foi, l’autorité infaillible que Jésus-Christ lui-même a donnée au Pape. Il n’a donc été rien donné de nouveau au Pape, il n’a été rien enlevé à l’autorité divine des évêques, soit dispersés dans leurs diocèses, soit réunis en Concile. Il n’y a rien de nouveau, sinon la définition solennelle de l’ancienne doctrine catholique de l’infaillibilité du Pape.

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